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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Cantique des Cantiques. Une traduction

Publié par Biblissimo sur 6 Décembre 2014, 09:39am

Catégories : #Cantique des Cantiques, #Ancien Testament

Marc Chagall - Le Cantique des Cantiques
Marc Chagall - Le Cantique des Cantiques

Traduction basée sur celle de la Bible de Jérusalem, Nouvelle édition revue, Cerf, 2000, mais remaniée par mes soins pour coller davantage au texte hébreu.

Une traduction littérale de ce magnifique poème serait inutilisable tant le texte hébreu contient de termes inconnus ou de syntagmes impossibles à traduire, soit parce que les traditions manuscrite et orale ont perdu le sens de ces mots, soit parce que nous n'avons plus à portée de main le contexte historique et littéraire qui fut celui de l'auteur et de ses destinataires immédiats, sans doute au milieu du Vème siècle (av. J.C.).

Ce que les traductions officielles ne peuvent se permettre (à part quelques éditions très spécialisées comme celle que publia André Chouraqui, bien connue), tenues qu'elles sont par la nécessité de publier un texte tout à fait lisible, et donc ayant gommé certains problèmes (toutes les notes de bas de page ne sauraient en rendre compte), un site comme celui-ci le peut.

N'hésitez pas à me proposer vos suggestions, pourvu qu'elles soient justifiées.

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Prologue (1,1-4)

Qu’il me baise des baisers de sa bouche !

Car meilleurs tes amours que le vin,

plus qu’un arôme [les parfums de] tes onguents sont bons.

Huile versée ton nom ;

c’est pourquoi les jeunes-filles t’aiment.

1er poème (1,5 – 2,7)

5 Entraîne-moi derrière-toi, courons !

Le roi m’a fait entrer dans ses appartements.

Réjouissons-nous et jubilons en toi,

célébrons tes amours plus que le vin.

Il est juste de t’aimer

Je [suis] noire mais jolie, filles de Jérusalem,

comme les tentes de Qédar, les pavillons de Salomon.

Ne regardez pas que je suis noire,

que le soleil m’a brûlée ;

les fils de ma mère se sont irrités contre moi,

ils m’ont mise à garder les vignes ;

ma vigne à moi, je ne l’ai pas gardée.

Raconte-moi, toi que mon âme aime :

où mèneras-tu paître le troupeau,

où le mèneras-tu reposer à l’heure de midi,

pour que je ne sois pas comme une vagabonde

près des troupeaux des tes compagnons ?

(Chœur)

8 Si tu ne le sais pas, la plus belle des femmes,

suis les traces du troupeau

et mène paître tes chevreaux près des demeures des bergers.

(Bien-aimé)

9 À ma cavale attelée au char de Pharaon

je te compare, ma compagne,

jolies tes joues parmi les joyaux

et ton cou dans les colliers

nous te ferons des diadèmes d’or

avec des globules d’argent.

(Duo)

12 Tandis que le roi est en son enclos,

mon nard donne son parfum ;

sachet de myrrhe mon bien-aimé pour moi ;

entre mes seins il repose ;

14 une grappe de henné mon bien-aimé pour moi

dans les vignes d’‘Ein-Gedi.

15 – Te voici belle, ma compagne, te voici belle,

tes yeux des colombes !

– Te voici beau, mon bien-aimé,

combien délicieux !

Combien luxuriante notre couche !

Les poutres de nos maisons sont de cèdre,

nos lambris de cyprès.

2 1 Je suis le narcisse de Sharon, le lis des vallées.

2 – Comme les lis entre les ronces,

ainsi ma compagne entre les filles.

– Comme un pommier parmi les arbres de la forêt,

ainsi mon bien-aimé entre les garçons.

À son ombre désirée, je me suis assise

et son fruit est doux à mon palais.

Il m’a fait entrer dans la maison du vin

et son étendard sur moi l’amour (h’abah).

Soutenez-moi avec des gâteaux de raisin,

fortifiez-moi avec des pommes

car malade d’amour, moi !

6 Son [bras] gauche sous ma tête

et sa droite m’étreint.

Ref. 7 – Je vous conjure, filles de Jérusalem,

par les gazelles, par les biches des champs,

n’éveillez pas, ne réveillez pas l’amour

avant qu’il [lui] plaira ! »

2ème poème (2,8-17)

Annonciation puis recherche nocturne

8 Voix de mon bien-aimé, le voici il vient,

sautant sur les montagnes,

bondissant sur les collines.

Mon bien-aimé ressemble à une gazelle,

à un faon de biche.

Le voici, il se tient derrière notre mur,

guettant par la fenêtre,

épiant par le treillis.

Mon bien-aimé élève la voix et me dit :

10 « Lève-toi, pars, ma compagne, ma belle, pars !

Car voici l’hiver passé, la pluie a cessé,

elle s’en est allée.

Les fleurs sont vues sur [la] terre,

la saison du chant s’est approchée,

la voix de la tourterelle s’entend sur notre terre,

le figuier forme ses bourgeons,

les vignes en fleur exhalent leur parfum.

Lève-toi, pars, ma compagne, ma belle, pars !

14 Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans la cachette de la falaise,

montre-moi ton visage,

fais-moi entendre ta voix,

car ta voix est douce, et charmant ton visage. »

15 Attrapez-nous des retards, les petits renards,

ravageurs de vigne, car nos vignes sont en fleurs.

Ref. 16 « Mon bien-aimé est à moi et moi à lui,

Faisant paître parmi les lis.

17 Avant que respire [la brise du] jour,

et que fuie l’ombre [de la nuit],

retourne ! Sois semblable, mon bien-aimé, à la gazelle,

ou au faon d’une biche,

sur les montagnes de Bètèr. »

3ème poème (3, 1-5)

3 1 « Sur ma couche, la nuit, je l’ai cherché,

celui qu’aime mon âme ;

je l’ai cherché et ne l’ai pas trouvé.

Je me lèverai donc et parcourrai la ville,

dans les rues et sur les places,

je chercherai celui qu’aime mon âme.

Je l’ai cherché et ne l’ai pas trouvé.

Ils m’ont trouvée les gardes qui parcourent la ville :

« Avez-vous vu celui qu’aime mon âme ? »

4 À peine les avais-je dépassés,

que j’ai trouvé celui qu’aime mon âme ;

je l’ai saisi et ne le lâcherai pas

que je ne l’aie fait entrer dans la maison de ma mère,

dans la chambre de celle qui m’a conçue.

Ref. 5 – Je vous conjure, filles de Jérusalem,

par les gazelles et les biches des champs,

n’éveillez pas, ne réveillez pas l’amour

avant qu’il [lui] plaira. »

4ème poème (3,6-11)

(Chœur)

6 Qu’[est] cela montant de la steppe

comme une colonne de fumée,

vapeur de myrrhe et d’encens,

de tous parfums exotiques ?

7 Voici la litière de Salomon,

Soixante preux autour d’elle,

choisis parmi les preux d’Israël :

tous experts à manier l’épée,

exercés aux combats.

Chacun a son glaive à son côté,

craignant les surprises de la nuit.

9 Le roi Salomon s’est fait un trône en bois de Liban.

Il en a fait les colonnes d’argent,

10 le baldaquin d’or, le siège de pourpre,

son fond en assemblage ;

amour [de la part] des filles de Jérusalem !

11 Sortez et voyez, filles de Sion, le roi Salomon,

avec la couronne dont sa mère l’a couronné,

au jour de ses épousailles,

au jour de la joie de son cœur.

5ème poème (4,1 – 5,1)

(Bien-aimé)

4 1 Que tu es belle, ma compagne, que tu es belle,

tes yeux sont des colombes, derrière ton voile.

Tes cheveux comme un troupeau de chèvres

dévalant de la montagne de Galaad.

Tes dents, un troupeau de brebis

remontant du bain.

Chacune a sa jumelle et nulle n’en est privée.

Comme un fil de pourpre, tes lèvres,

et tes discours sont charmants.

Tes joues, des moitiés de grenades, derrière ton voile.

4 Comme la tour de David, ton cou,

bâtie pour les (trophées ?).

Mille rondaches y sont suspendus,

tous les boucliers des preux.

Tes deux seins comme les deux faons

jumeaux d’une gazelle, qui paissent parmi les lis.

6 Avant que souffle [la brise du] jour,

et que fuie l’ombre,

j’irai à la montagne de la myrrhe

et sur la colline de l’encens.

Tout-toi belle, ma compagne,

et de tache pas en toi.

8 Viens/avec moi du Liban, fiancée,

Viens/avec moi du Liban, tu entreras !

Regarde de la cime de l’Amanah,

de la cime du Sanir et de l’Hermon,

repaires de lions, montagnes des léopards.

9 Tu me fais perdre cœur, ma sœur, fiancée,

tu me fais perdre cœur par un seul de tes regards,

par une seule perle de ton collier !

10 Que tes amours sont charmants, ma sœur, fiancée,

qu’ils sont bons tes amours, plus que le vin,

et le parfum de tes huiles plus que tous les baumes !

Tes lèvres, fiancée, distillent le miel vierge.

Le miel et le lait sont sous ta langue,

et le parfum de tes vêtements comme parfum du Liban.

12 Jardin clos, ma sœur, fiancée, jardin clos, source scellée.

13 Tes jets font un verger de grenadiers,

avec les fruits les plus exquis,

14 le nard et le safran,

le roseau odorant et le cinnamome,

avec tous les arbres à encens,

la myrrhe et l’aloès, avec les plus fins arômes.

15 Source des jardins, puits d’eaux vives,

ruisselant du Liban !

Éveille-toi, aquilon, accours, autan !

Soufflez sur mon jardin, qu’il distille ses aromates !

– Qu’il entre, mon bien-aimé, dans mon jardin,

et qu’il mange les fruits délicieux !

5 1 – J’entre dans mon jardin, ma sœur, fiancée,

je recueille ma myrrhe avec mon baume,

je mange mon miel et mon rayon,

je bois mon vin avec mon lait.

Mangez, amis, buvez et enivrez-vous, bien-aimés. »

6ème poème (5,2-8)

(Bien-aimée)

2 « Moi, endormie mais mon cœur veille.

Voix de mon bien-aimé qui frappe.

« Ouvre-moi, ma sœur, ma compagne,

ma colombe, ma parfaite !

Car ma tête est couverte de rosée,

mes boucles, des gouttes de la nuit. »

3 J’ai ôté ma tunique, comment la remettrai-je ?

J’ai lavé mes pieds, comment les salirai-je ?

4 Mon bien-aimé a avancé sa main par la fente

et mes entrailles pour lui ont frémi.

5 Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé,

et ma main faisait couler la myrrhe,

et mes doigts la myrrhe fraîche,

sur la poignée du verrou.

6 J’ai ouvert à mon bien-aimé,

Mais, tournant le dos, il disparut ;

J’ai rendu l’âme par sa disparition !

Je l’ai cherché, mais ne l’ai pas trouvé,

je l’ai appelé, mais il n’a pas répondu !

7 Les gardes m’ont trouvée,

ceux qui font la ronde dans la ville ;

ils m’ont frappée, ils m’ont blessée,

ils ont attrapé mon châle, les gardes des remparts.

8 Je vous en conjure, filles de Jérusalem,

si vous trouvez mon bien-aimé,

que lui raconterez-vous ?

Que malade d’amour, moi.

7ème poème (5,9 – 6,3)

(Chœur)

Quoi ton bien-aimé plus qu’un autre,

ô la plus belle des femmes ?

Quoi ton bien-aimé plus qu’un autre

pour que tu nous conjures ainsi ?

(Bien-aimée)

10 Mon bien-aimé est radieux et vermeil,

reconnaissable entre dix mille.

Sa tête est de l’or fin,

ses boucles sont des palmes,

noires comme le corbeau.

Ses yeux sont comme des colombes au bord des cours d’eau,

se baignant dans le lait, demeurant sur les vasques.

Ses joues sont comme des parterres de baume,

produisant des aromates.

13 Ses lèvres sont des lis

dégouttant de myrrhe fraîche.

Ses mains sont des bracelets d’or recouverts de pierres de Tarsis.

Son ventre est une masse d’ivoire, couverte de saphirs.

Ses jambes sont des colonnes fondées sur des socles d’or fin.

Son visage est comme le Liban,

l’élite comme les cèdres.

Son palais est douceur,

et tout en lui est charmes.

Tel mon bien-aimé et tel mon compagnon,

filles de Jérusalem.

(Chœur)

6 1 Où est parti ton bien-aimé, ô la plus belle des femmes,

où s’est tourné ton bien-aimé,

que nous le cherchions avec toi ?

(Bien-aimée)

2 Mon bien-aimé est descendu dans son jardin,

aux parterres de baume,

pour paître son troupeau dans les jardins,

et pour cueillir des lis.

Ref. Moi à mon bien-aimé et mon bien-aimé à moi !

Il paît son troupeau parmi les lis.

8ème poème (6,4-10)

4 Tu es belle, ma compagne, comme Tirça,

jolie comme Jérusalem,

fière comme des étendards.

5 Détourne de moi tes yeux, car ils m’assaillent.

Tes cheveux comme un troupeau de chèvres

dévalant de la montagne de Galaad.

Tes dents comme un troupeau de brebis,

remontant du bain.

Chacune a sa jumelle et nulle n’en est privée.

Tes joues sont des moitiés de grenade,

derrière ton voile.

8 Il y a soixante reines et quatre-vingts concubines

et des jeunes filles sans nombre !

Unique est ma colombe, ma parfaite.

Elle est l’unique de sa mère,

la préférée de celle qui l’enfanta.

Les jeunes femmes l’ont vue et glorifiée,

reines et concubines l’ont célébrée :

10 « Qui est celle-ci qui surgit comme l’aurore,

belle comme la lune,

resplendissante comme le soleil,

redoutable comme des bataillons ? »

9ème poème (6,11 – 7,11)

11 Au jardin des noyers je suis descendue,

pour voir les jeunes pousses de la vallée,

pour voir si la vigne bourgeonne,

si les grenadiers fleurissent.

12 Je ne sais, mon âme, chariots d’Ammi-nadîb !

(Chœur)

7 1 Reviens, reviens, Shulamite, reviens !

Reviens, que nous te regardions !

(Bien-aimé)

Pourquoi regardez-vous la Shulamite, dansant comme en un double chœur ?

2 Que tes pieds sont beaux dans tes sandales, fille de prince (nadîb) !

La courbe de tes flancs est comme un collier,

œuvre de mains d’artiste.

3 Ton nombril forme une coupe,

que les vins n’y manquent pas !

Ton ventre, un monceau de froment, de lis environné.

3 Tes deux seins ressemblent à deux faons,

jumeaux d’une gazelle.

5 Ton cou, une tour d’ivoire.

Tes yeux, les piscines de Heshbôn,

près de la porte de Bat-Rabbim.

Ton nez, la tour du Liban,

sentinelle tournée vers Damas.

6 Ta tête sur toi comme le Carmel,

et la chevelure de ta tête comme la pourpre ;

un roi est pris à tes boucles.

Que tu es belle, que tu es charmante,

ô amour, ô délices !

Dans ton élan, tu ressembles au palmier,

tes seins en sont les grappes.

J’ai dit : Je monterai au palmier,

j’en saisirai les régimes.

Tes seins, qu’ils soient des grappes de raisin,

le parfum de ton souffle, celui des pommes ;

10 tes discours, un vin exquis !

– Il va droit à mon bien-aimé,

comme il coule sur les lèvres de ceux qui sommeillent.

Ref. 11 Moi à mon bien-aimé et vers moi son désir.

10ème poème (7,12 – 8,4)

12 Viens, mon bien-aimé, allons aux champs !

Nous passerons la nuit dans les villages,

dès le matin nous irons aux vignobles.

Nous verrons si la vigne bourgeonne,

si ses pampres fleurissent,

si les grenadiers sont en fleur.

Alors je te ferai le don de mes amours (doday).

Les mandragores exhalent leur parfum,

à nos portes sont tous les meilleurs fruits.

Les nouveaux comme les anciens,

je les ai réservés pour toi, mon bien-aimé.

8 1 Ah ! que ne m’es-tu un frère,

allaité au sein de ma mère !

Te rencontrant dehors,

je pourrais t’embrasser sans que les gens me méprisent.

Je te conduirais,

je t’introduirais dans la maison de ma mère,

tu m’enseignerais !

Je te ferais boire un vin parfumé,

ma liqueur de grenades.

3 Son [bras] gauche sous ma tête,

et sa droite m’étreint.

(Bien-aimé)

Ref. – Je vous en conjure, filles de Jérusalem,

n’éveillez pas, ne réveillez pas l’amour,

avant qu’il [lui] plaira. »

Épilogue (8, 5-14)

(Chœur)

5 Qu’[est] cela qui monte de la steppe,

appuyée sur son bien-aimé ?

(Bien-aimée)

Sous le pommier je t’ai réveillé,

là même où ta mère te conçut,

là où conçut celle qui t’a enfanté.

6 Pose-moi comme un sceau sur ton cœur,

comme un sceau sur ton bras.

Car l’amour est fort comme la Mort,

la passion inflexible comme le Shéol.

Ses traits sont des traits de feu,

une flamme de Yh.

Les grandes eaux ne pourront éteindre l’amour,

ni les fleuves le submerger.

Qui offrirait toutes les richesses de sa maison pour acheter l’amour ne recueillerait que mépris.

8 Notre sœur est petite,

elle n’a pas encore les seins formés.

Que ferons-nous à notre sœur

le jour où il sera question d’elle ?

– Si elle est un rempart,

nous élèverons au faîte un couronnement d’argent ;

si elle est une porte,

nous dresserons contre elle des dais de cèdre.

– Je suis un mur, et mes seins en figurent les tours.

Aussi ai-je à leurs yeux trouvé la paix.

11 Salomon avait une vigne à Baal-Hamôn.

Il la confia à des gardiens, et chacun devait lui remettre le prix de son fruit, mille sicles d’argent.

Ma vigne à moi, je l’ai sous mes yeux :

à toi Salomon les mille sicles,

et deux cents aux gardiens de son fruit.

Toi qui habites les jardins,

mes compagnons prêtent l’oreille à ta voix :

daigne me la faire entendre !

Fuis, mon bien-aimé !

Sois semblable à une gazelle,

à un jeune faon,

sur les montagnes embaumées !

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