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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Six ou sept vérités sur Noël

Publié par Biblissimo sur 22 Décembre 2014, 15:25pm

Catégories : #Noël, #Mages, #Bethléem

Six ou sept vérités sur Noël

Six ou sept vérités sur Noël…

Légendes et folklores ont façonné notre culture occidentale et ce fut une bonne chose ! Que serait-elle sans les contes d’Andersen ou les dessins animés de Walt Disney ? Que serait un Noël sans crèche et le traîneau du bon vieux papy avec sa barbe blanche et son bonnet rouge ? Certes. Mais il est bon de savoir quand on est dans le registre de la légende ou dan celui de la vérité, qu’elle soit historique ou philosophique ou de croyance.

Voici quelques remarques pour ceux qui cherchent à retrouver le sens authentique des textes bibliques et de la tradition chrétienne concernant Noël.

1. Les mages ne sont pas des rois

Dans la littérature biblique comme dans les textes anciens, qu’ils soient grecs ou orientaux, le terme "magoi" ne désigne rien d’autre que des "mages", c’est-à-dire des savants appartenant à une caste sacerdotale de l’ancienne religion perse, étudiant le firmament et scrutant le mouvement des constellations et des astres pour y deviner le cours de l’histoire.

Cette fonction était essentielle à la vie sociale de l’époque, que ce soit celle des gouvernants soucieux de savoir s’ils peuvent s’engager dans un conflit avec leurs voisins, des paysans cherchant le meilleur moment pour semer, ou des femmes ayant de la difficulté à enfanter… Ils étaient donc des personnages importants et certains pouvaient avoir une situation sociale prestigieuse, en particulier ceux que le roi avait élevés au poste de conseillers de la cour.

Exemple : dans la tradition juive, ce sont des mages, « scribes experts à prédire exactement l’avenir », qui annoncent à Pharaon (cf. Hérode) la naissance de Moïse. D’où sa décision de tuer les enfants mâles.

Beaucoup ajoutaient à ce rôle ceux de sorcier, de devin, de magicien, de notable de village, d’homme d’affaires, etc.

Mais ils n’étaient jamais des rois…

Alors d’où vient que l’on ait identifié les mages de l’évangile de Matthieu à des rois ? Tout simplement pour retrouver en eux, prosternés devant l’Enfant-Jésus, ces rois annoncés par le prophète Isaïe, chapitre 60, attirés par la gloire de Dieu établie à Jérusalem aux jours du Messie : « Les nations marcheront à ta lumière et les rois à ta clarté naissante… Les richesses de la mer afflueront vers toi, et les trésors des nations viendront chez toi. Des multitudes de chameaux te couvriront. Tous viendront de Saba, apportant l'or et l'encens et proclamant les louanges de Yahvé… Les bateaux de Tarsis ont pris la tête pour ramener de loin tes fils, avec leur argent et leur or, à cause du nom de Yahvé ton Dieu, du Saint d'Israël qui t'a glorifiée. »

À ce texte d’Isaïe font écho ces deux versets du Psaume 72 (71) : « Les rois de Tarsis et des îles rendront tribut. Les rois de Saba et de Seba feront offrande ; tous les rois se prosterneront devant lui, tous les païens le serviront. »

2. Les mages n’étaient pas trois

En aucun endroit, l’évangile de Matthieu ne dit que les mages étaient au nombre de trois… Ils pouvaient être plus ou moins que trois, cinq par exemple. Peu importe.

Alors pourquoi trois ? Tout simplement parce qu’il en fallait un pour apporter l’or, un autre pour offrir l’encens et un troisième pour déposer la myrrhe. Ils ne pouvaient apporter qu’un produit chacun !

Autre question : y avait-il un mage à la peau noire ? L’évangile nous dit qu’ils venaient d’Orient… Dans la littérature biblique, l’Orient désigne l’immense zone correspondant à l’Arabie, à la Mésopotamie et à la Perse… Les mages n’étaient donc certainement pas Africains…

Alors pourquoi représenter l’un d’eux comme un Congolais ou un Sénégalais ? Tout simplement pour montrer que la mission de Jésus était universelle et annoncer que, progressivement, des gens de toutes les nations, de toutes les races, de toutes les cultures le choisiraient comme guide et sauveur. Bienvenue aux Africains et aux Indonésiens auprès de la crèche !

De plus, comment s’appelaient-ils ? L’évangile ne va pas jusqu’à nous donner les noms des mages… Il faudra attendre une centaine d’années avant que la piété populaire leur attribue ceux de Balthasar, Melchior et Gaspar.

3. L’étoile n’était pas filante

Selon le récit de Matthieu, les mages ont reconnu l’auberge où Jésus est né parce que l’étoile dont ils suivaient le déplacement s’est arrêtée exactement à la verticale de cette maison. Imaginez un peu : pour qu’une étoile indique clairement une maison parmi cent autres dans un village, il faudrait qu’elle s’arrête à quelques dizaines de mètres au-dessus d’elle ! Impossible ! Invraisemblable.

On nous informe que la comète d’Halley, précisément, était de passage dans le firmament à cette époque ! Pourquoi pas ? Mais cela n’apporte rien de plus en faveur de la véracité de l’histoire d’une étoile qui puisse déplacer spontanément des mages de Perse et leur faire parcourir 2.500 kms pour se rendre dans une grotte d’un minuscule village d’une nation étrangère…

Ce qui est sûr c’est que les gens d’alors associaient l’apparition d’astres plus brillants que la majorité des autres à l’avènement d’un personnage important pour leur pays. Le cas le plus connu concerne Néron, puisque les écrivains latins Pline et Suétone rapportent la venue de mages de Perse pour l’honorer, en 66 ap. J.C., sur l’indication des astres.

Pour être plus précis, quand nous lisons l’épisode de mages suivant une étoile pour honorer un futur roi, il faut penser en premier lieu au fameux récit de la prophétie du prophète païen Balaam, dans le livre des Nombres 24. Le roi de Moab, son « patron », son employeur, l’a engagé à maudire les Hébreux au moment où ceux-ci doivent traverser leur pays avant d’arriver à destination ; Balaam, de manière étonnante, résiste à la pression et suit son inspiration et… bénit par trois fois ce ramassis d’exilés, annonçant même qu’une étoile, à savoir un roi, se lèvera d’eux et dominera les autres nations. Ce roi, nous dit Matthieu, c’est Jésus.

4. La myrrhe n’est pas un baume pour conserver les cadavres

On est surpris par le fait que les mages offrent de la myrrhe, un onguent peu connu. Et on entend souvent – cela vient des Pères de l’Église, ce qui est une référence ! – que la myrrhe est un des onguents avec lesquels on embaumait les cadavres pour les conserver avant de les momifier. Faux ! Lisez tous les textes anciens, relisez la Bible : jamais la myrrhe n’est utilisée pour cela. Que trouvez-vous ? Qu’elle est un parfum au même titre que beaucoup d’autres ; elle est utilisée pour son odeur… et la fiancée du Cantique l’appréciait particulièrement !

Mais au fait, qu’est-ce que la myrrhe ? Elle est la sève d’un arbuste poussant majoritairement en Arabie ; elle est de la même espèce que l’encens, que l’on fait sécher, en petites ou grosses boules, en vue de le faire fumer sur une braise ou que l’on maintient à l’état liquide par l’adjonction d’autres substances.

Alors pourquoi interprète-t-on l’offrande de la myrrhe comme indiquant la passion de Jésus ? Parce que, selon les récits de Marc (15, 23) et de Jean (19, 39), donc pas chez Matthieu, de la myrrhe a été apportée pour son ensevelissement, seul texte à relier ce parfum à des funérailles… Pas sûr que, dans le récit des mages, la myrrhe avait ce symbolisme !

5. Les parents de Jésus n’ont pas été rejetés par les gens de Bethléem

On dit, et c’est devenu souvent une rengaine, que Joseph et Marie – enceinte – ont été rejetés de l’auberge avec mépris. Faux ! Certes, selon le récit, il n’y avait pas de place dans la « grande salle », la « salle commune », mais rien de plus normal, quand on sait qu’une auberge n’est rien d’autre qu’une grande salle où tous s’entassent la nuit, après avoir rangé les plats du repas et déroulé les tapis à même le sol, tous dormant allongés les uns à côté des autres.

Alors pourquoi en est-on venu à interpréter ce passage dans le sens d’un rejet ? Tout simplement pour dramatiser la situation et annoncer un rapport subtil, mais artificiel, avec la destinée de souffrance du Christ.

Il vaut mieux imaginer la scène ainsi : Joseph est originaire de Bethléem (selon Matthieu, il y habitait) ; quand Marie arrive sur place, elle est enceinte et presque à terme ; ils s’adressent à l’auberge (n’y en avait-il qu’une ?) pour y loger, les gens s’excusent : « Il y a du monde dans la salle et vous ne serez pas dans l’intimité pour l’accouchement ; nous vous proposons de vous retirer là où on loge les bêtes, après que nous ayons changé la paille et disposé le nécessaire pour que tout se passe le mieux possible. » Marque de respect et d’attention que Joseph et Marie ont apprécié.

6. Jésus n’est pas né dans la nuit du 24 au 25 décembre

On fête la naissance (c’est le sens du mot "Noël", diminutif de "natalis", en latin : natal) du Christ le 25 décembre. Mais ce n’est pas exact ! Le fait est connu. Les journaux le rappellent chaque année.

Alors pourquoi en est-on arrivé à fêter la Nativité ce jour-là, en plein hiver ?

Très tôt, certainement dès le 2ème siècle, il est apparu important aux chrétiens de Rome de fêter la naissance leur Sauveur pour faire concurrence aux fêtes de naissance des divinités païennes. Cependant, les évangiles, qui ne se sont pas intéressés aux détails de l’enfance de Jésus, n’offrent aucune information sur la date de la naissance de Jésus. On comprend aisément que le choix des chrétiens soit tombé sur le jour où les Romains marquaient la reprise de la montée du soleil à l’horizon, les jours recommençant à rallonger par rapport aux nuits. Les Romains fêtaient alors le dieu soleil « vainqueur » de la nuit.

Il faut reconnaître que le choix a été judicieux… pour ceux qui habitent dans l’hémisphère nord ! En plaçant cette célébration au cœur de leur hiver, les chrétiens de l’Europe s’offraient une réjouissance au milieu d’une saison humide et froide aux nuits commençant tôt et finissant tard, saison peu propice aux sorties, aux promenades. Les bons repas et les chants apportent un rayon de soleil et de chaleur dans la grisaille !

Et quelle aubaine pour le commerce dans notre société de consommation !

En voilà assez pour six vérités bonnes à savoir pour célébrer dignement Noël !

Vous avez encore un peu de place dans votre "estomac culturel" ? En voici une septième…

7. Jésus n’est pas descendu du ciel

Aïe ! Alors, là, vous nous détruisez notre religion ! Et bien, écoutez un peu !

On s’imagine avec la Bible que le Fils de Dieu, son Verbe éternel, a quitté le trône royal, un espace immense, pur, situé bien au-dessus du firmament, cette membrane invisible séparant les eaux d’en haut, celles qui tombent en pluie, et notre atmosphère, et est descendu dans un petit pays, un village insignifiant, une maison minuscule, pour aboutir à un point infime de l’univers, le ventre d’une jeune femme. Encore un peu et vous vous demanderiez combien de kilomètres il y a entre le trône divin et Nazareth ? Fausse question !

Pardon, mais le Fils de Dieu ne s’est pas déplacé d’un centimètre ! De même que le Créateur du monde n’a pas subi de cure d’amincissement pour prendre la dimension d’un fœtus ! On est dans des catégories complètement différentes de celles de la distance et de la proportion qui régissent les lois de l’univers physique… Le Verbe de Dieu est en tout lieu, et il est petit avec le petit et grand avec le grand, présent silencieusement, agissant avec une puissance dont la nature n’a rien à voir avec celle de nos machines et… bombes nucléaires.

N.B. : Pour ceux qui ne sont pas encore rassasiés, une question : Jésus est-il entré dans l’humanité comme on glisse la main dans une marionnette de sorte que le personnage devienne animé, totalement obéissant à l’agile habileté de l’artiste ? Devait-il, tel un "bionic Jesus", exercer une maîtrise de soi de tous les instants pour dissimuler son extraordinaire puissance aux curieux ?

Vous trouverez des indications supplémentaires dans un article paru précédemment sur mon blog:

http://biblissimo.over-blog.com/article-enfance-du-christ-nouveau-testament-40992164.html

Bonne continuation!

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