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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Les références à Adam dans les épîtres pauliniennes

Publié par Biblissimo sur 19 Février 2016, 08:38am

Catégories : #Ecrits intertestamentaires, #Lettres de saint Paul, #Adam et le Christ, #Péché originel

Adam et Eve (Détail tu Triptyque du Jugement) par Hieronymus Bosch (Akademie der Bildung, Vienna)
Adam et Eve (Détail tu Triptyque du Jugement) par Hieronymus Bosch (Akademie der Bildung, Vienna)

Textes bibliques et intertestamentaires concernant la figure d’Adam et en arrière-fond de la pensée de saint Paul

Textes de l'Ancien Testament:

Ps 8, 5-9 : « Qu’est donc le mortel, que tu t’en souviennes, le fils d’Adam, que tu le veuilles visiter ? À peine le fis-tu moindre qu’un dieu; tu le couronnes de gloire et de beauté, pour qu’il domine sur l’œuvre de tes mains ; tout fut mis par toi sous ses pieds, brebis et bœufs, tous ensemble, et même les bêtes des champs, l’oiseau du ciel et les poissons de la mer, quand il va par les sentiers des mers. » + Ps 110, 1 : « Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie fait de tes ennemis l’escabeau de tes pieds. »

Ps 80, 18 : « Ta main soit sur l’homme de ta droite, le fils d’Adam que tu as confirmé ! »

Si 49, 16 : « Sem et Seth furent glorieux parmi les hommes, mais au-dessus de toute créature vivante est Adam. »

Si 33, 10-13 : « Tous les hommes viennent du limon, c’est de la terre qu’Adam a été formé. Dans sa grande sagesse le Seigneur les a distingués, il a diversifié leurs conditions. Il en a bénit quelques-uns, il en a consacré et les a mis près de lui. Il en a maudit et humilié et les a rejetés de leur place. Comme l’argile dans la main du potier, qui la façonne selon son bon plaisir, ainsi les hommes dans la main de leur Créateur qui les rétribue selon sa justice. »

Si 40, 1-2 reprend la punition d'Adam et Eve au ch. 3 de la Genèse : « Un sort pénible a été fait à tous les hommes, un joug pesant accable les fils d’Adam, depuis le jour qu’ils sortent du sein maternel jusqu’au jour de leur retour à la mère universelle. L’objet de leurs réflexions, la crainte de leur cœur, c’est l’attente anxieuse du jour de leur mort. »

Tb 8, 6 reprend le récit de la création de la femme à partir de l'homme en Gn 2 : « Tu as créé Adam, tu as créé Ève sa femme, pour être son secours et son appui, et la race humaine est née de ces deux-là. C’est toi qui as dit Il ne faut pas que l’homme reste seul, faisons-lui une aide semblable à lui. »

Sg 2, 23-24 reprend la déclaration du livre de la Genèse selon laquelle l'homme est "image de Dieu" ainsi que le symbolisme de l'origine du mal en Gn 3, le serpent étant identifié avec le diable : « Oui, Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il en a fait une image de sa propre nature ; c’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde ; ils en font l’expérience, ceux qui lui appartiennent ! »

Textes de Paul (et évangiles):

Mc 10, 6-9 : « Dès l’origine de la création Il les fit homme et femme. Ainsi donc l’homme quittera son père et sa mère, et les deux ne feront qu’une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien ! ce que Dieu a uni, l’homme ne doit point le séparer. »

1 Co 15, 20-22 : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis. Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ. »

1 Co 15, 45 : « C’est ainsi qu’il est écrit : le premier homme, Adam, a été fait âme vivante ; le dernier Adam, esprit vivifiant. »

Rm 1, 18-32 : Description du péché et des châtiments auxquels Dieu « a livré » les hommes.

Rm 5, 12-21 : « Voilà pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort a passé en tous les hommes, du fait que tous ont péché -; car jusqu’à la Loi il y avait du péché dans le monde, mais le péché n’est pas imputé quand il n’y a pas de loi ; cependant la mort a régné d’Adam à Moïse même sur ceux qui n’avaient point péché d’une transgression semblable à celle d’Adam, figure de celui qui devait venir... Mais il n’en va pas du don comme de la faute. Si, par la faute d’un seul, la multitude est morte, combien plus la grâce de Dieu et le don conféré par la grâce d’un seul homme, Jésus Christ, se sont-ils répandus à profusion sur la multitude. Et il n’en va pas du don comme des conséquences du péché d’un seul : le jugement venant après un seul péché aboutit à une condamnation, l’œuvre de grâce à la suite d’un grand nombre de fautes aboutit à une justification. Si, en effet, par la faute d’un seul, la mort a régné du fait de ce seul homme, combien plus ceux qui reçoivent avec profusion la grâce et le don de la justice régneront-ils dans la vie par le seul Jésus Christ. Ainsi donc, comme la faute d’un seul a entraîné sur tous les hommes une condamnation, de même l’œuvre de justice d’un seul procure à tous une justification qui donne la vie. Comme en effet par la désobéissance d’un seul homme la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle constituée juste. La Loi, elle, est intervenue pour que se multipliât la faute ; mais où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé : ainsi, de même que le péché a régné dans la mort, de même la grâce régnerait par la justice pour la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur. »

Rm 7, 14 – 8, 2 : L’expérience du croyant pécheur est formulée en fonction de la situation d’Adam en Éden et à sa faute de désobéissance.

Rm 8, 18-25 : « J’estime en effet que les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer à la gloire qui doit se révéler en nous. Car la création en attente aspire à la révélation des fils de Dieu : si elle fut assujettie à la vanité - non qu’elle l’eût voulu, mais à cause de celui qui l’y a soumise - c’est avec l’espérance d’être elle aussi libérée de la servitude de la corruption pour entrer dans la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Nous le savons en effet, toute la création jusqu’à ce jour gémit en travail d’enfantement. Et non pas elle seule : nous-mêmes qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons nous aussi intérieurement dans l’attente de la rédemption de notre corps. Car notre salut est objet d’espérance ; et voir ce qu’on espère, ce n’est plus l’espérer : ce qu’on voit, comment pourrait-on l’espérer encore ? Mais espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance. »

1 Tm 2, 13-14 : « C’est Adam en effet qui fut formé le premier, Ève ensuite. Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, se rendit coupable de transgression. »

Textes de la tradition juive primitive (rabbinique):

Apocalypse de Baruch (fin 1er s.) : « Elle ne lui [Adam] a servi à rien, la longueur du temps qu’il a vécu, mais il a amené la mort et abrégé les années de ceux qui sont nés de lui » (xvii, 3). « Quand Adam pécha et que fut décrétée la mort contre ceux qui naîtrait, alors fut comptée la multitude de ceux qui naîtraient… » (xxiii, 4). « Qu’as-tu fait, Adam, à tous ceux qui sont nés de toi ? Que dira-t-on à la première Ève qui obéit au serpent ? Car toute cette multitude s’en va à la corruption et innombrables sont ceux que dévore le feu » (xlviii, 42-43). « Si Adam a péché le premier et a amené la mort sur tous ceux qui n’existaient pas en son temps, cependant, parmi ceux qui sont nés de lui, chacun a préparé pour lui-même le supplice à venir, ou bien choisi pour lui-même les gloires futures. Car, en vérité, celui qui croit recevra la récompense. […] Car Adam n’a été cause que pour lui-même, mais chacun de nous tous, pour lui-même est devenu Adam » (liv, 15-16.19).

IV° livre d’Esdras[1] décrit l’histoire du monde depuis l’origine jusqu’à son temps, avec l’entrée et l’invasion progressive du péché et de la mort, comme châtiment. « Adam, qu’as-tu fait ? Car, si tu as péché, ta chute n’a pas été la tienne seulement, mais aussi la nôtre, à nous qui descendons de toi » (vii, 118). Constate l’impuissance de la Loi à remédier au cœur mauvais hérité d’Adam.

Sifra Leviticus : « Rabbi José (fin 1er s. début 2è s.) dit : Si tu veux savoir [quelle] récompense [sera] donnée aux justes dans le futur, va et apprends du premier homme [que] il ne lui fut imposé qu’un seul commandement (une seule chose) à ne pas faire, et il a outrepassé ; vois combien de morts furent décrétées pour les générations et les générations jusqu’à la fin des générations. Car quelle est la mesure la plus grande, celle de la récompense ou celle de la punition ? Réponse : celle de la récompense. Si la mesure de la punition est (plus) petite, à savoir tant de morts décrétées pour lui et les générations des générations jusqu’à la fin des générations, alors celui qui revient de l’abomination de l’idolâtrie, et qui s’afflige le jour du Kippour, combien plus transmettra-t-il la faveur divine pour lui et pour les générations des générations jusqu’à la fin des générations. »

Évaluation:

Paul reprend la tradition juive qu’il connaît mais qu’il ne "critique" pas, qu’il ne cherche pas à justifier ou infirmer : le péché d’Adam provoque la mort.

Paul n’invente donc pas mais assume ce qu’il a appris sur les bancs de l’école rabbinique ; et surtout apporte une solution : la justification dans le Christ et le cœur nouveau par l’Esprit Saint.

Le recours à Gn 1 associé à Ps 8 et 110,1 était un fait établi dans la chrétienté avant Paul.

Parmi les principes indiscutés du raisonnement de Paul : le mal, et surtout la mort, est châtiment du péché. Bien sûr, au cœur du récit de Gn 3, qui a pour but d’expliquer le mal (douleurs de l’enfantement, déséquilibre de l’amour humain, etc.) par une faute "originelle", Paul n’ignore pas que la rétribution se fait sur la base des péchés personnels. Noter que Paul ne parle explicitement de Dieu qu’en ce qui concerne le don de la grâce. Sans doute, avec la perspective de le placer du côté de la gratuité du don de la grâce.

[1] « Le meilleur représentant d’un aspect de la pensée juive évidemment familière à Paul » (C.H. Dodd).

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