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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


En route pour un ultime Exode (2° Dimanche de l'Avent - B)

Publié par Biblissimo sur 3 Décembre 2011, 17:58pm

Catégories : #Evangile du dimanche

Deuxième Dimanche de l’Avent – Année B

Mc 1, 1-8 : En route pour l’ultime Exode

 

Chaque nouvelle année liturgique nous renvoie au Commencement. Celui de l’entrée dans l’histoire du Fils de Dieu, bien sûr. Et pour cela, il faut prendre du recul. Il faut repartir de l’attente profonde qui nous habite et, à partir d’elle, nous ouvrir à ce qui va l’accomplir. Dimanche dernier, nous avons été mis en face de l’attente d’un monde parfait, fruit ultime du Mystère pascal, quels qu’en soient les modalités de réalisation (le fracas de chutes d’étoiles ou le patient et secret travail de l’Esprit Saint), quelle qu’en soit la manière de le situer dans le temps (ce temps présent où se joue le destin de l’humanité).

 

Commencement de l'Évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu. Selon qu'il est écrit dans Isaïe le prophète : Voici que j'envoie mon messager en avant de toi pour préparer ta route. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers, Jean le Baptiste fut dans le désert, proclamant un baptême de repentir pour la rémission des péchés. Et s'en allaient vers lui tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem, et ils se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en confessant leurs péchés.

Jean était vêtu d'une peau de chameau et mangeait des sauterelles et du miel sauvage. Et il proclamait : « Vient derrière moi celui qui est plus fort que moi, dont je ne suis pas digne, en me courbant, de délier la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l'eau, mais lui vous baptisera avec l'Esprit Saint. »

 

Aujourd’hui, nous repartons d’une frontière ; nous avons rendez-vous avec le premier évangéliste, Jean, celui qui baptise au bord du Jourdain.

Car le Jourdain est, dans la Bible, une frontière qu’on n’a jamais fini de traverser, celle qui nous fait passer du désert, donc de l’errance, du danger permanent de mort, à la Terre promise. De terre promise, nous savons qu’il n’y en a que dans la fécondité de la Parole, celle qui est chargée de l’Esprit Saint comme un nuage d’orage est lourd de la pluie.

D’une certaine manière, l’année liturgique commencera sérieusement avec la mémoire du Baptême du Christ. À ce moment-là en effet, par l’intermédiaire de Jean, un oracle du VIème siècle avant l’ère chrétienne retentira aux oreilles d’Israël : « Dans le désert, préparez le chemin… La gloire du Seigneur se révélera et toute chair, d’un coup, la verra ! » (Is 40, 1-5). À travers ce cri, tout l’Exode se remet en marche. La Mer est devant Israël et le Christ approche ; il est le Moïse d’un ultime Exode ; car cette Mer ne sera pas autre chose que la Mort, celle qui engloutit le péché pour donner toute place à l’Esprit Saint : « Il vous plongera dans l’Esprit Saint ». Il faut être « le plus fort » pour entraîner toute l’humanité dans un tel plongeon et l’en faire sortir totalement renouvelée. Plus fort que Moïse, plus fort que la Mort. Voilà très précisément le but de son avènement, de son Avent – Adventus.

 

Jean proclamait un baptême de repentir. La repentance du temps de l’Avent n’est pas celle du carême ; elle en est cependant tout autant indispensable. En quoi peut-elle consister ? Ne serait-ce pas dans l’attention à déceler en nous toute forme de sauveur qui ferait concurrence avec la mission exacte du Christ ? Dans le fait d’enlever tout ce qui en nous prend la place de Celui qui seul peut sauver l’homme. À la différence du garde-frontière Jean, nous connaissons bien cette mission ; nous pouvons donc orienter toute forme d’espérance de sorte qu’elle coïncide le plus étroitement possible avec ce que Jésus est venu accomplir. Envoyons au désert nos espérances humaines ; dévêtons-nous de toute confiance en l’homme qui prendrait la place du Christ ; ne laissons pas le bonheur de ce monde, même le plus légitime, faire obstacle sur cette route où se fera bientôt la rencontre entre l’homme et son seul Sauveur : « Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers ! Que toute vallée soit comblée, toute montagne et toute colline abaissées ! », ajoutait Isaïe dans la suite de l’oracle.

 

Cela est valable aussi dans les relations que nous avons avec nos frères et sœurs : l’attitude d’accueil doit prévaloir sur celles qui disent la supériorité, l’autonomie, l’indépendance. Acceptons de nous reconnaître plus vides que pleins, dépourvus du salut, donc de la seule chose qui compte. D’ailleurs, ne serait-il pas que le Sauveur puisse venir à nous par eux ? Ou faut-il qu’il vienne à tout prix du Ciel ? N’aurons-nous à le reconnaître que dans une figurine déposée dans la crèche, environnée de la fumée de l’encens près de l’autel ou éclairée d’une simple bougie dans nos oratoires ? Tu feras attention au jour de son avènement de regarder là où tu ne l’attendrais pas : tu regarderas si, « par hasard », il ne se donnerait pas à toi par les mains de ton frère, par son regard, par sa nudité même.

La route est ouverte ; ouvrons les yeux et enlevons les obstacles, les mirages et les illusions ; il vient.

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Catherine Mazas 03/12/2011 22:51

"Envoyons au désert nos espérances humaines ; dévêtons-nous de toute confiance en l’homme"
un peu pessimiste sur 'l homme cette formulation, non?! Ne veux- tu pas plutôt dire: ne rien attendre des autres ,tout attendre de Dieu; ou bien relativiser nos attentes humaines, les ordonner à
notre bien ultime

Biblissimo 04/12/2011 10:15



ok, je corrige en reprenant la nuance exprimée tout au long du discours, celle de sécurité concurrente à celle que donne le Christ dans la perspective du salut.



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