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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Biographie rapide de Paul

Publié par Biblissimo sur 14 Décembre 2009, 17:27pm

Catégories : #Corpus paulinien

Saint Paul nous est connu, mieux que toute autre personnalité du N.T., par ses lettres et par les Actes des apôtres, deux sources indépendantes, mais qui se complètent, malgré quelques divergences secondaires.

Des synchronismes avec des événements connus de l’histoire – comme le proconsulat de Gallion à Corinthe (Ac 18,12) – permettent en outre de fixer certaines dates.

Né à Tarse en Cilicie: "Moi, reprit Paul, je suis Juif, de Tarse en Cilicie, citoyen d'une ville qui n'est pas sans renom" (Ac 21,39). "Je suis Juif. Né à Tarse en Cilicie" (Ac 22,3).

Né vers l’an 6 après J.C. (Ac 7,58). D’une famille juive de la tribu de Benjamin (Rm 11,1 ; Ph 3,5).

Citoyen romain (Ac 16,37s; 22,25-28; 23,27).

Il reçut dès sa jeunesse deux formations complémentaires : formation hellénistique (rhétorique et philosophie[2]) à Tarse ; formation rabbinique à Jérusalem, auprès de Gamaliel, de type profondément religieuse selon les doctrines pharisiennes : "J'ai cependant été élevé ici dans cette ville, et c'est aux pieds de Gamaliel que j'ai été formé à l'exacte observance de la Loi de nos pères, et j'étais rempli du zèle de Dieu" (Ac 22,3). "Ce qu'a été ma vie depuis ma jeunesse, comment depuis le début j'ai vécu au sein de ma nation, à Jérusalem même, tous les Juifs le savent. Ils me connaissent de longue date et peuvent, s'ils le veulent, témoigner que j'ai vécu suivant le parti le plus strict de notre religion, en Pharisien" (Ac 26,4s; cf. Ga 1,14).

D’abord persécuteur acharné de la jeune Église chrétienne (Ac 22,4s ; 26,9-12 ; Ga 1,13), il fut brusquement retourné, sur le chemin de Damas, par l’apparition du Christ ressuscité (vers l’an 33): "Il faisait route et approchait de Damas, quand soudain une lumière venue du ciel l'enveloppa de sa clarté. Tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait: "Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu?" - "Qui es-tu, Seigneur?" demanda-t-il. Et lui: "Je suis Jésus que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et l'on te dira ce que tu dois faire." Ses compagnons de route s'étaient arrêtés, muets de stupeur: ils entendaient bien la voix, mais sans voir personne. Saul se releva de terre, mais, quoiqu'il eût les yeux ouverts, il ne voyait rien. On le conduisit par la main pour le faire entrer à Damas. Trois jours durant, il resta sans voir, ne mangeant et ne buvant rien" (Ac 9,3-9). "Quand Celui qui dès le sein maternel m'a mis à part et appelé par sa grâce daigna révéler en moi son Fils pour que je l'annonce parmi les païens…" (Ga 1,15-16). "Ne suis-je pas libre? Ne suis-je pas apôtre? N'ai-je donc pas vu Jésus, notre Seigneur?" (1 Co 9,1). "En tout dernier lieu, il m'est apparu à moi aussi, comme à l'avorton" (1 Co 15,8).

Les raisonnements que Paul préparait pour les opposer à la bonne foi des disciples du Jésus s’effacent brusquement dans la rencontre, qui s’impose plus forte que la certitude de sa foi et de la tradition rabbinique. Le crucifié, un parmi des centaines, est face à lui, glorieux.[3]

Paul a-t-il été préparé d’une manière plus ou moins lointaine à cette découverte ? Était-il sensible, inconsciemment, à la destinée de ce Jésus, irréprochable dans sa vie et admirable dans sa mort ? En tout cas, le martyre d’Étienne a joué un rôle, d’après Luc ; et, à côté, celui de ceux et celles qu’il a approchés, fidèles et patients dans leur dévotion pour Jésus de Nazareth l’a sans aucun doute impressionné. Y avait-il en plus et en profondeur, une sorte de conscience que la pratique de la Loi ne suffisait pas à répondre à la quête de Vérité ? Il faut se garder de trop en dire.

Il voue alors toute sa vie au Christ (qui l’a « saisi », Ph 3,12) et à l’évangélisation des païens[4].

Après une première mission personnelle en Arabie nabatéenne suivie d’un séjour à Damas (Ga 1,17) où il inaugure (difficilement, on peut le supposer) sa prédication dans le cadre de la première synagogue chrétienne (Ac 9,20), il monte à Jérusalem (vers l’an 37)[5] : "Après trois ans, je montai à Jérusalem rendre visite à Képhas et demeurai auprès de lui quinze jours: je n'ai pas vu d'autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur" (Ga 1,18-19)

 

Ac 9,26-30 : "Arrivé à Jérusalem, il essayait de se joindre aux disciples, mais tous en avaient peur, ne croyant pas qu'il fût vraiment disciple. Alors Barnabé le prit avec lui, l'amena aux apôtres et leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et avec quelle assurance il avait prêché à Damas au nom de Jésus. Dès lors il allait et venait avec eux dans Jérusalem, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. Il s'adressait aussi aux Hellénistes et discutait avec eux; mais ceux-ci machinaient sa perte. L'ayant su, les frères le ramenèrent à Césarée, d'où ils le firent partir pour Tarse."

Puis il se retire en Syrie-Cilicie (sud-est de l’Asie mineure ; Ga 1,21).

Solution de S. Légasse : si on privilégie les lettres de Paul, il vaut mieux essayer d’expliquer les 14 années entre les deux visites à Jérusalem comme contenant deux voyages missionnaires en Asie mineure (voyage personnel – Cilicie et Lycaonie, puis voyage officiel – Galatie proprement dite et Macédoine-Grèce-Achaïe), l’assemblée de Jérusalem – dont 1 Th ne laisse rien deviner – avec la consigne de la fameuse "collecte", étant située à l’issue du deuxième. Luc a tenu compte de ce double voyage mais a préféré raconter le premier comme un voyage officiel, avec envoi en mission, accompagné d’un associé hautement crédible (Barnabé), avec des scènes emblématiques. Le rôle de Barnabé auprès de Paul selon les Actes serait à mettre totalement au compte du projet lucanien.

J. Dupont : réfute l’hypothèse du report de Ac 15 juste avant l’incident d’Antioche. De même J. D. G. Dunn.

Barnabé, compagnon des apôtres dès avant l’arrivée de Paul à Jérusalem, de tendance judaïsante, va chercher Paul et le conduit à Antioche, pour y exercer le ministère de "docteur" particulièrement pour les Juifs de culture grecque ("hellénistiques"), Ac 11,25-26.

Barnabé partit alors chercher Saul à Tarse: "L'ayant trouvé, il l'amena à Antioche. Toute une année durant ils vécurent ensemble dans l'Église et y instruisirent une foule considérable" (Ac 11,25-26).

Un premier voyage missionnaire (vers 40-45) lui fait annoncer l’Évangile en Chypre et en Asie mineure (Pamphilie, Pisidie et Lycaonie) : "Envoyés en mission par le Saint Esprit, ils descendirent à Séleucie, d'où ils firent voile pour Chypre. Arrivés à Salamine, ils se mirent à annoncer la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient avec eux Jean [Marc] comme auxiliaire. Ayant traversé toute l'île jusqu'à Paphos, ils trouvèrent là un magicien, nommé Bar-Jésus, qui était de l'entourage du proconsul Sergius Paulus, homme avisé. Ce dernier fit appeler Barnabé et Saul, désireux d'entendre la parole de Dieu. De Paphos, où ils s'embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergé, en Pamphylie" (Ac 13,4…13).

En arrivant dans une ville (Paul est un apôtre des villes, pas un missionnaire de brousse...), il s’adresse systématiquement d’abord aux Juifs dans la synagogue de la ville. C’est alors qu’il se met à porter son nom romain de Paulus (Par[vu]lus) de préférence à son nom juif Saul : "Alors Saul - appelé aussi Paul -, rempli de l'Esprit Saint" (Ac 13,9)

Il prend alors son envergure d’apôtre, jusqu’à supplanter Barnabé. À Lystres, les foules, enthousiastes, "appelaient Barnabé Zeus et Paul Hermès, puisque c'était lui qui portait la parole" (Ac 14,12).

Paul et Barnabé retournèrent ensuite à Antioche : "Après avoir évangélisé Derbé et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi… ils firent voile vers Antioche, d'où ils étaient partis, recommandés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu'ils venaient d'accomplir. À leur arrivée, ils réunirent l'Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples" (Ac 14,21…28)

 

L’assemblée de Jérusalem : Paul, Barnabé et quelques autres quittent Antioche pour Jérusalem. Assemblée rendue nécessaire du fait que des chrétiens descendus de Jérusalem affirmaient la nécessité de la circoncision : "Certaines gens du parti des Pharisiens qui étaient devenus croyants intervinrent pour déclarer qu'il fallait circoncire les païens et leur enjoindre d'observer la Loi de Moïse" (Ac 15). "Au bout de 14 ans, je montai à Jérusalem avec Barnabé et Tite que je pris avec moi. J'y montai à la suite d'une révélation ; et je leur exposai l'Évangile que je prêche parmi les païens - mais séparément aux notables, de peur de courir ou d'avoir couru pour rien. Eh bien ! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n'exigea pas qu'il se fît circoncire. Mais à cause des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude, gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin de sauvegarder pour vous la vérité de l'Évangile..." (Ga 1,1-5)

En fait, on évitera le débat sur la circoncision et on ne parlera que de règles alimentaires…

 

L’incident d’Antioche (Ga, 1,11-14) : on ne peut malheureusement pas harmoniser ce récit avec ce que supposent les Actes, ni placer avec certitude cet événement en rapport avec l’assemblée de Jérusalem. Des points demeurent obscurs.

 

Son second voyage missionnaire le conduit en Macédoine et en Grèce, entre 47 et 52. Luc tient à dire que Paul s'adressait toujours prioritairement aux Juifs et les rencontraient dans leurs synagogues.

Il se brouille avec Barnabé : Paul dit à Barnabé : "Retournons donc visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont." Mais Barnabé voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc ; Paul, lui, n'était pas d'avis d'emmener celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et n'avait pas été à l’œuvre avec eux. On s'échauffa, et l'on finit par se séparer. Barnabé prit Marc avec lui et s'embarqua pour Chypre. De son côté, Paul fit choix de Silas et partit, après avoir été confié par les frères à la grâce de Dieu" (Ac 15,35-39).

À Lystres, il s’adjoint Timothée: "Il y avait là un disciple nommé Timothée, fils d'une juive devenue croyante, mais d'un père grec. Les frères de Lystres et d'Iconium lui rendaient un bon témoignage. Paul décida de l'emmener avec lui. Il le prit donc et le circoncit, à cause des Juifs qui se trouvaient dans ces parages, car tous savaient que son père était grec. Dans les villes où ils passaient, ils transmettaient, en recommandant de les observer, les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem." (Ac 16,1-4)

En Europe…

À Philippes, il loge chez Lydie[6], une femme qu’il a baptisée, puis se fait arrêter et mettre en prison.

Après avoir traversé Amphipolis et Apollonie, ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue. Suivant son habitude, Paul alla les y trouver. "Trois sabbats de suite, il discuta avec eux d'après les Écritures. Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts" (Ac 17,1-3).

Après Thessalonique et Bérée, Paul s’arrête à Athènes. Là il ne peut se retenir d’interpeller « les philosophes épicuriens » qui le conduisent à l’Aréopage. Les membres lui demandent de les informer de sa nouvelle doctrine. D’où le célèbre discours devant l’Aréopage (omniprésence de Dieu ; absurdité de l’idolâtrie ; jugement à venir par l’intermédiaire de celui que Dieu a envoyé et ressuscité des morts). L’expérience de l’échec face aux savants constitue une étape décisive dans l’évolution de Paul, d’autant plus que la réussite l’attend au port de Corinthe, dans la population pauvre et laborieuse de la ville.

 

À Corinthe, il séjourne 18 mois. D’abord chez Crispus, prosélyte juif dont la maison était contiguë à la synagogue, puis chez Aquilas et sa femme Priscille, venus de Rome suite à l’édit de Claude contre les Juifs[7]. Il travaille avec eux, de ses mains (fabrication de tentes). Dans la situation de conflit avec les Juifs, il est présenté au proconsul d’Achaïe, Gallion, durant l’été 51 : "Alors que Gallion était proconsul d'Achaïe, les Juifs se soulevèrent d'un commun accord contre Paul et l'amenèrent devant le tribunal en disant: "Cet individu cherche à persuader les gens d'adorer Dieu d'une manière contraire à la Loi." Paul allait ouvrir la bouche, quand Gallion dit aux Juifs: "S'il était question de quelque délit ou méfait, j'accueillerais, Juifs, votre plainte, comme de raison. Mais puisqu'il s'agit de contestations sur des mots et des noms et sur votre propre Loi, à vous de voir! Être juge, moi, en ces matières, je m'y refuse." Et il les renvoya du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, le chef de synagogue, et, devant le tribunal, se mirent à le battre. Et de tout cela Gallion n'avait cure" (Ac 18,12-18)

Il écrit la première Lettre aux Thessaloniciens, le plus ancien document du Nouveau Testament, antérieur aux évangiles... "Quand Silas et Timothée furent arrivés de Macédoine, Paul se consacra tout entier à la parole, attestant aux Juifs que Jésus est le Christ" (Ac 18,5). "Maintenant Timothée vient de nous revenir de chez vous et il nous a donné de bonnes nouvelles de votre foi et de votre charité: il dit que vous conservez toujours de nous un bon souvenir, que vous aspirez à nous revoir autant que nous à vous revoir" (1 Th 3,6).

Il décide de retourner à Antioche, sa communauté d’attache. Il s’arrête rapidement à Éphèse. Il rend visite à la communauté de Jérusalem.

 

De 53 à 58, troisième voyage missionnaire.

Après avoir traversé le flanc occidental du Taurus, puis le territoire galate[8], Paul prend la voie directe et arrive à Éphèse. Il y séjourne un peu plus de deux ans (Ac 19, 10 ; 20, 31).

Un des plus grands centres urbains de l’Empire, à l’entrée de la route qui menait au centre de l’Asie mineure. Centre religieux: le culte d’Artémis a pris le relais de celui de la déesse mère, vénérée plus au centre du pays dès le viiiè s. Artémis est fille de Zeus et jumelle d’Apollon par Léto; nés sur l’île de Délos malgré la fureur de Héra qui fit tout pour empêcher Léto d’accoucher. Elle est toujours vierge, aime vagabonder dans les bois et les forêts pour chasser; tient à tout prix à sa virginité jusqu’à punir impitoyablement les amants présomptueux.

Fondée par des Amazones, puis par des Ioniens grecs avec Androklos[9] (Strabon). Détruite par Crésus (viè s.); les habitants se rassemblent autour du temple d’Artémis; puis par les Perses; brûlée au ivè s., elle sera reconstruite pour devenir une des sept merveilles du monde; Lysimaque, général d’Alexandre le Grand sauve la ville en la déplaçant à l’endroit que l’on visite actuellement (l’ensablement du port rendait le commerce impossible et multipliait les maladies); puis sous domination de Pergame puis des Romains (134 av. J.C.). Sera supplantée par Smyrne, comme elle a supplanté Milet.

Héraclite au viè s.

Ville particulièrement fidèle au culte de la dea Roma et du divus Iulius (cf. immense temple de Domitien), capitale administrative de la Province (sénatoriale) romaine d’Asie depuis 169 av. J.C., et carrefour commercial, ville imposante par ses bâtiments.

Paul y trouve quelques disciples qui ne connaissaient que le baptême de Jean. Apollos, juif originaire d’Alexandrie, excellent orateur, se trouvait à Éphèse juste avant son arrivée. Il le précèdera à Corinthe, où commenceront des partis…

En réponse aux nouvelles et aux problèmes qui tourmentaient les frères de Corinthe, Paul écrit la première lettre aux Corinthiens. Qui suit une autre («précanonique»: «Vous écrivant, dans ma lettre, de n’avoir pas de relations avec des débauchés», 1 Co 5, 9).

[On situe à Éphèse une période de captivité pour y placer avec certitude la lettre aux Philippiens.]

Visite intermédiaire à Corinthe (2 Co 12,14 ; 13,1).

En prison «dans les fers», Paul écrit pour les communautés situées dans la vallée du Lycos, le fleuve qui débouche à Éphèse, la lettre aux Colossiens et la lettre à Philémon. Un peu plus tard sans doute la lettre aux Éphésiens (ou aux Laodicéens)?

Priez pour nous en particulier, afin que Dieu ouvre un champ libre à notre prédication et que nous puissions annoncer le mystère du Christ; c'est à cause de lui que je suis dans les fers […] Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue (Col 4,3,10)

Il quitte Éphèse pour la Macédoine et Corinthe.

En chemin, il adresse une deuxième lettre aux Corinthiens, pour répondre aux accusations qui le touchent personnellement dans son ministère à l’égard des Corinthiens.

Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine. Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce, où il resta trois mois (Ac 20,1-3).

Il organise la collecte (Ac 24,17; 2 Co 8,9): "Je me rends à Jérusalem pour le service des saints: car la Macédoine et l'Achaïe ont bien voulu prendre quelque part aux besoins des saints de Jérusalem qui sont dans la pauvreté. Oui, elles l'ont bien voulu, et elles le leur devaient: si les païens, en effet, ont participé à leurs biens spirituels, ils doivent à leur tour les servir de leurs biens temporels" (Rm 15,25-27).

Sans doute à cette époque, il écrit la lettre aux Galates, qu’il avait visités à l’aller et qui étaient soumis à la pression des judaïsants.

Au cours de son séjour (le 3ème) à Corinthe (3 mois : hiver 57-58), il écrit la lettre aux Romains : "Je vous recommande Phébée, notre sœur, diacre de l'Église de Cenchrées [port de Corinthe] : offrez-lui dans le Seigneur un accueil digne des saints, et assistez-la en toute affaire où elle aurait besoin de vous ; aussi bien fut-elle une protectrice pour nombre de chrétiens et pour moi-même" (Rm 16, 1-2)

Dans son voyage de retour, il s’arrête à Troas (il ressuscite un garçon qui s’était endormi et était tombé de la fenêtre). Il retrouve Luc qui l’accompagnera désormais.

À Milet, il fait venir les anciens de la communauté d’Éphèse («Paul avait en effet décidé de passer au large d'Éphèse, pour ne pas avoir à s'attarder en Asie. Il se hâtait afin d'être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem» Ac 20,16) à qui il adresse ses adieux (Ac 20,17-38).

 

Arrivé à Jérusalem, nouveau débat sur la rupture avec les observances juives : "Ils ont entendu dire que tu pousses les Juifs qui vivent au milieu des païens à la défection vis-à-vis de Moïse, leur disant de ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les coutumes. Que faire donc? Assurément la multitude ne manquera pas de se rassembler, car on apprendra ton arrivée. Fais donc ce que nous allons te dire. Nous avons ici quatre hommes qui sont tenus par un vœu. Emmène-les, joins-toi à eux pour la purification et charge-toi des frais pour qu'ils puissent se faire raser la tête. Ainsi tout le monde saura qu'il n'y a rien de vrai dans ce qu'ils ont entendu dire à ton sujet, mais que tu te conduis, toi aussi, en observateur de la Loi" (Ac 21,21-26). C'est la version de Luc... Ce que nous dit Paul dans ses lettres est en contradiction avec ce texte...

Son arrestation au Temple lui permet de prononcer successivement quatre discours: au peuple (ch. 22; on lui reproche de se tourner vers les païens); au Sanhédrin (ch. 23; suscite la division de l’assemblée en provocant un débat sur la résurrection); au proconsul Felix (Ac 24; exhortation à la conversion des païens); au roi Agrippa ii (ch. 25; discours adressé à un juif: l’Évangile accomplit les Écritures). Vision de Jésus qui l’encourage et lui révèle que ce procès lui permettra de se rendre à Rome.

Citoyen romain, on lui prépare un procès et les Romains le protègent, le transfèrent à Césarée. Similitude dans la manière d’être jugés entre Jésus et Paul. Luc: pas très cohérent avec le droit romain, pour servir son plan de comparaison entre Paul et le Seigneur. En particulier quand il fait comparaître l’apôtre successivement devant le procurateur Felix (où il est flagellé et reçoit des humiliations) et le roi Agrippa, tout comme Jésus devant Pilate puis Hérode Antipas, avant d’être livrés l’un et l’autre à la sentence des chefs du peuple juif.

 

Ch. 27-28 : Voyage par mer, prisonnier et gardé par une escorte. Naufrage sur l’île de Malte, car on était entré dans la période impropre à la navigation. Arrivée à Rome, via la Sicile (Syracuse), et le port de Pouzzoles, où se trouvait déjà un groupe de chrétiens: "Les frères de cette ville, informés de notre arrivée, vinrent à notre rencontre jusqu'au Forum d'Appius et aux Trois-Tavernes. En les voyant, Paul rendit grâces à Dieu et reprit courage. Quand nous fûmes entrés dans Rome, on permit à Paul de loger en son particulier avec le soldat qui le gardait. Trois jours après, il convoqua les notables juifs […] Paul demeura deux années entières dans le logis qu'il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle" (Ac 28,15-17,29-30).

 

61-63: Captivité romaine. Paul retrouve les amis et les parents qui avaient quitté Éphèse dès 54 et reconstitué ici une Église. Il est accueilli chez l’un d’eux, puis, selon les principes de la bonne éducation antique, il n’abusa pas de l’hospitalité et loua ensuite un logement.

Au bout de deux ans, aucun accusateur ne s’étant manifesté, Paul est mis en liberté.

 

63-66: Dernières années de Paul.

On ne peut que conjecturer d’autres voyages missionnaires. Malheureusement, on ne peut plus utiliser les informations glanées dans les lettres "pastorales", non authentiques et contradictoires.

Les indications qu'on y trouve mentionnent Paul:

En Crète: "Si je t’ai laissé en Crète, c’est pour y achever l'organisation et pour établir dans chaque ville des presbytres, conformément à mes instructions" (Ti 1,5).

À Nicopolis (Épire): "Lorsque je t’aurai envoyé Artémas ou Tychique, hâte-toi de me rejoindre à Nicopolis. C’est là que j'ai décidé de passer l’hiver. Prends toutes dispositions pour le voyage du juriste Zénas et d'Apollos, afin qu'ils ne manquent de rien" (Ti 3,12-13).

ou en Asie: "Hâte-toi de venir me rejoindre au plus vite, car Démas m'a abandonné par amour du monde présent. Il est parti pour Thessalonique, Crescens pour la Galatie, Tite pour la Dalmatie. Seul Luc est avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est précieux pour le ministère. J'ai envoyé Tychique à Éphèse. En venant, apporte le manteau que j'ai laissé à Troas chez Carpos, ainsi que les livres, urtout les parchemins" (2 Tm 4,9-13).

A-t-il pu accomplir son souhait de pousser jusqu’en Espagne, bornes de l’Empire, en passant par la Via Narbonensis (cf. Rm 15,23-24,28) ? Clément de Rome et le Canon de Muratori le laissent supposer. Sénèque est de Cordoue ; Quintilien (30-100), Hadrien († 138) et Théodose (empereur en 379) sont d’origine espagnole ; l’influence romaine y est déjà grande.

 

67?: Deuxième captivité romaine et mort par le martyre.

Paul écrit la deuxième lettre à Timothée ? "Ne rougis donc pas du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier, mais souffre plutôt avec moi pour l'Évangile, soutenu par la force de Dieu" (2 Tm 1,8). "Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d'Onésiphore, car souvent il m'a réconforté, et il n'a pas rougi de mes chaînes; au contraire, à son arrivée à Rome, il m'a recherché activement et m'a découvert. Que le Seigneur lui donne d'obtenir miséricorde auprès du Seigneur en ce Jour-là. Quant aux services qu'il m'a rendus, à Éphèse, tu les connais mieux que personne" (1,16-18).



[1] Cf. Introduction aux épîtres de saint Paul dans la nouvelle B.J., p. 1925-26.

[2] Strabon rapporte que Tarse surpassait Athènes et Alexandrie par le nombre et la qualité des philosophes (XIV, 673).

[3] « Le Christ nous a rachetés de cette malédiction de la Loi, devenu lui-même malédiction pour nous, car il est écrit : "Maudit quiconque pend au gibet" » (Ga 3,13).

[4] Paul a-t-il été marié ? En 54, quand il rédige 1 Co, il est sans femme, agamos, et conseille aux célibataires et aux veufs de demeurer « comme moi » (7,7-8). Cette formule conduirait même à dire que Paul était veuf… Ne pas avoir été marié à 30 ans n’était pas exceptionnel dans le judaïsme du temps de Paul (p. ex. Flavius Josèphe, qui a attendu la trentaine).

[5] On laisse de côté la version des Actes selon laquelle Saul fuit Damas pour se rendre directement à Jérusalem (épisode de Barnabé) en faveur de Ga 1,18-19.

[6] Peut-être esclave affranchie, car l’esclave portait souvent le nom de la province d’origine.

[7] S. Légasse (p. 128-129), datant l’édit de Claude de l’an 41 ou 42, en conclut que l’explication de Luc concernant la présence du couple à Corinthe est à mettre sur le compte du projet lucanien d’insérer l’histoire de l’Évangile dans l’histoire profane, quitte à faire quelques entorses à la chronologie.

[8] Territoire des Galates : non la Province romaine, mais la région située autour d’Antioche de Pisidie, avec Derbé et Ankara.

[9] Non sans avoir consulté l’oracle de Delphes : le poisson brûlera ; suivez le sanglier. On voit encore l’image du sanglier, qui symbolisa longtemps Éphèse, sur une des frises du temple d’Hadrien (135 ap. J.C.).

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