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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


"Veillez dans l'attente du Jour!" (1er dimanche de l'Avent - B)

Publié par Biblissimo sur 27 Novembre 2011, 19:28pm

Catégories : #Evangile du dimanche

1er Dimanche de l'Avent - Année B

"Veillez dans l'attente du Jour du Fils de l'homme"

Mc 13, 33-37

 

 

Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment. Il en est comme d'un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

 

Contexte dans l'évangile

Ces lignes sont la conclusion du dernier discours de Jésus dans l’évangile de Marc. Jésus se trouve, avec ses disciples, à Jérusalem, plus précisément face au Temple, quelques jours avant la Pâque. Les autorités religieuses ont décidé de l’éliminer et elles interviendront sous peu.

Ce dernier discours est entièrement consacré à annoncer des catastrophes précédant la manifestation glorieuse du Fils de l’homme. Il est provoqué par l’annonce de la destruction du Temple et la question des disciples : « Quand et quels en seront les signes ? » (v. 4). Les fléaux décrits sont classiques dans les écrits prophétiques (il emprunte beaucoup à la deuxième partie du livre de Daniel, notamment la mention d’une abomination de la désolation et la manifestation du Fils de l’homme) et le discours n’apporte rien de nouveau à ce sujet. Malheureusement, il ne nous indique pas pourquoi ces catastrophes auront lieu ; il en avertit seulement les disciples afin de les encourager à demeurer fidèles et à garder courage lorsqu’elles arriveront.

Par rapport aux récits eschatologiques juifs antérieurs ou contemporains de Mc, certains traits du discours sont caractéristiques du kérygme apostolique :

1/ Le Christ enseigne sans se référer à une vision, une « apocalypse », révélation habituellement transmise par des anges.

2/ Certaines épreuves seront directement dirigées vers ceux qui annoncent l’Évangile : ce seront des persécutions ; certaines seront provoquées par leurs propres parents.

3/ Les disciples persécutés recevront le soutien de l’Esprit Saint, de sorte que leurs épreuves seront l’occasion de rendre témoignage au Christ ;

4/ La fin des temps n’interviendra pas avant que l’Évangile n’ait été proclamé à toute les nations.

De plus, on est surpris d’apprendre que le Fils de Dieu lui-même ne connaît pas la date de ce jour.

Le discours contient une logique certaine. Visiblement il est le résumé d’une longue maturation des textes prophétiques relus en fonction de la foi dans le Christ Seigneur prenant la place de Dieu Juge des nations.

Il ne faudrait cependant pas le lire comme annonçant des événements qui auront lieu dans l’histoire concrète des hommes. Le simple fait que ce qui nous est dit dans les autres textes du même type, que ce soit dans les évangiles synoptiques, les lettres de saint Paul, l’Apocalypse de Jean, ne correspond pas à ce schéma nous avertit que l’on ne peut lire ces textes à la lettre. Ils appartiennent à un genre devenu courant depuis le milieu du deuxième siècle avant Jésus-Christ, notamment avec la deuxième partie du livre de Daniel, désignant en langage codé les méfaits du roi grec Antiochus Épiphane IV, l’ « eschatologie apocalyptique ».

Comment alors lire ces textes ?

La question est liée à une autre, fondamentale : pourquoi a-t-on parlé et parle-t-on d’un « retour » du Christ ? C’est cette question qui est décisive. Elle est importante car elle porte en elle-même l’accomplissement de l’espérance d’Israël transmise presque telle quelle à l’Église ; elle exprime en termes bibliques l’espérance secrète de ce monde idéal que tout être humain porte en lui ; sauf que le Christ glorieux a remplacé le rôle que les Écritures donnait au Dieu d’Israël, à savoir celui de juger entre Israël et les nations ennemies. La fidélité à l’Évangile a été substituée à la fidélité à la Torah de Moïse.

Mais que peut-on savoir de ce « retour » et de ses modalités ? Il faut reconnaître qu’en ce domaine nous sommes tous fortement conditionnés par des représentations imaginatives et mentales plus ou moins sérieuses. Des représentations qui elles aussi se contredisent mutuellement même si une certaine logique leur donne un semblant de crédibilité.

Contentons-nous de mentionner deux exemples : la mise en scène de catastrophes cosmiques et la représentation du Christ devenu visible pour tous.

Comment en effet un soleil pourrait-il s’obscurcir et des étoiles tomber sur la terre ? Quand bien même cela arriverait, le Fils de l’homme ne trouverait de notre planète que des poussières éparpillées dans l’espace intergalactique.

Qu’est-ce que serait un Christ glorieux apparaissant simultanément à des milliards d’hommes et de femmes sur toute la surface de la terre, accompagné d’armées angéliques ? Comment sera-t-il habillé ? Comment se fera-t-il reconnaître comme un Seigneur humble et aimant de la part de ceux qui n’auront jamais entendu parler de lui ? Que veut dire « rassembler les élus » des quatre extrémités de la terre ? Faut-il s’imaginer qu’ils voleront dans les airs vers un même lieu ?

On pourrait continuer le questionnement. On voit bien que ce texte est à lire comme l’expression d’une espérance forte mais qui n’a pour s’exprimer qu’un langage symbolique, codé, hérité de textes religieux marqués par une époque.

L’espérance en une réalisation complète des promesses de Dieu à son peuple et surtout de la rédemption accomplie par la mort et la résurrection du Seigneur est essentielle à l’annonce de l’Évangile ; elle doit nous habiter constamment ; elle doit éclairer notre réflexion sur la mort ; elle doit résonner plus fort que ces multiples informations décrivant la dérive des politiques, la montée du fanatisme, l’échec des économistes, la mise au ban des chrétiens, etc. Mais acceptons de ne pas avoir d’idée précise de la manière dont la victoire de Dieu se réalisera.

Conclusion

Veillons, oui, comme nous y exhorte le Christ. Attendons, non pas les bras croisés, mais comme des serviteurs mettant bon ordre dans la maison du Roi. Veillons sans savoir ni quand ni comment.

Car, comme la foi théologale, sa petite sœur l’espérance gagne à passer par l’épreuve de l’obscurité.

 

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click this link 14/07/2014 12:19

I also agree with you on this topic. God had promised many things to his people and he is doing it correctly. But the promises made by people to god is not being followed. But still he loves his people.

Biblissimo 15/11/2014 19:37

Amen! May we belong to these who respond to God's appeals, generously and joyfully!

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