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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


"Si tu veux, tu peux me purifier!" 6ème dimanche du T.O. - B

Publié par Biblissimo sur 11 Février 2012, 18:05pm

Catégories : #Evangile du dimanche

 
Évangile du Dimanche 12 février 2012 (6è du T.O. année B)
Mc 1,40-45

 

Et vient à Jésus un lépreux le suppliant et s'étant agenouillé et lui disant : " Si tu veux, tu peux me purifier. " Ému de compassion, ayant tendu la main, il le toucha et lui dit : " Je le veux, sois purifié. " Et aussitôt partit de lui la lèpre et il fut purifié. Et le rudoyant, il l’expulsa aussitôt, et lui dit : " Garde-toi de rien dire à quiconque ; mais va te montrer au prêtre et offre pour ta purification ce qu'a prescrit Moïse en témoignage pour eux. " 45 Mais lui, étant sorti, commença de proclamer hautement et à divulguer la chose, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais il était dehors, dans des lieux déserts ; et l'on venait à lui de toutes parts.


Jésus a quitté Capharnaüm, sa ville d’adoption. Nous l’avons suivi l’espace d’une trentaine d’heures ; nous l’avons cherché au petit matin et avec lui nous sommes sortis sur les routes de Galilée. L'évangile de ce jour en est la suite et il se présente comme le premier récit de guérison comportant quelques détails. Il s’agit de la purification d’un lépreux, personnage handicapé physiquement, bien sûr, mais surtout socialement.
La composition du récit est simple mais contient quelques éléments sur lesquels l’attention s’arrête spontanément. Après avoir introduit la rencontre en insistant sur l’attitude suppliante du malade et la réponse pleine de compassion de Jésus, l’évangéliste ajoute deux notices : l’homme guéri doit aller chercher auprès du prêtre de service son « billet de réinsertion » ; sans nous dire s’il l’a réellement fait, Marc, une fois de plus, note l’expansion de la renommée de Jésus, lui-même toujours soucieux de discrétion.

Surprise
Jésus s’est autorisé à toucher de la main la peau du lépreux. Peu importe de savoir s’il savait que la lèpre ne se propage pas par le simple toucher : ce qui est en jeu, c’est qu’ainsi il contracte l’impureté légale. Tous les commentaires vous le diront : Jésus fait passer la relation personnelle au-dessus de ces questions désormais périmées. Il y a là un signe hautement éloquent : il dit tout autant la liberté intérieure de Jésus que son sens du contact, de la proximité, comme si on nous suggérait que la guérison est d’abord le fruit d’une relation personnelle qu’un tour de magie. La simplicité de la formule : « Je le veux, sois purifié! » nous ramène à ce trait de la personnalité de Jésus auquel Marc est particulièrement sensible, celui de l’autorité, du pouvoir absolu sur le Mal. Une autorité, une liberté, un pouvoir… au service de la pitié.

Pitié
Car Jésus a agi « les entrailles remuées de compassion » (c’est le sens concret du verbe utilisé). Marc le notera de Jésus à plusieurs reprises (Luc, l’évangéliste de la miséricorde, une fois seulement !). Soyons clairs : si Jésus a purifié le lépreux dans des sentiments de compassion, il en sera de même pour chaque rencontre, dans chaque regard porté sur un misérable.

Une main tendue au clergé
Le lépreux doit se rendre auprès du prêtre pour qu’il reconnaisse sa guérison – y est-il réellement allé ? on peut en douter – et « en témoignage pour eux » (on devrait avoir « pour lui », mais on sait que Marc tord avec plaisir la langue d’Homère). C’est à la fois pour Jésus une manière d’éloigner un « supporter » trop bavard et de tendre la main au clergé… On ne sait jamais.

« Dans des lieux déserts »
L’évangile de dimanche dernier avait donné l’occasion de réfléchir sur la politique de communication de Jésus. Aujourd’hui encore, Marc nous y ramène. Son héros préfère les lieux isolés. Il habite « dehors ». Il faut « sortir » vers lui. La sélection se fait d’elle-même : seuls les courageux feront le déplacement, la plupart sans nourriture, ce qui donnera plus tard l’occasion de deux signes messianiques, pains et poissons multipliés gratuitement…

« Si tu veux… »
Nous avons nos lèpres et toutes sortes de besoins ; nous avons reconnu en l’homme Jésus un être de compassion ; nous savons qu’il peut tout. Mais le lépreux, nécessiteux s’il en est, nous donne une leçon magistrale en faisant précéder sa supplication de la formule: « Si tu veux… » Pour bien montrer qu'il VEUT, Jésus fait un geste d'une extrême audace, celui de toucher le pestiféré. C'est bel et bien un acte volontaire, personne ne peut le nier. Jésus n’accomplira aucun miracle qu’il ne l’ait voulu de tout son être. On ne lui arrachera rien ; on ne le contraindra en rien ; il ne se laissera fléchir aucunement. Bien sûr, il veut la guérison de tous, sans exception, sans condition. Non, avec une condition, justement celle de ne pas y être contraint. « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ». Que ce soit dit une fois pour toutes…

 

Qui est-il celui devant lequel le lépreux se prosterne

La demande du malade comporte trois éléments, deux éléments positifs: il se prosterne devant Jésus; il conditionne sa requête à la bienveillance de Jésus. Un troisième par voie de négation, de non-dit : en effet, il ne nomme pas celui de qui il attend le salut. On aurait pu avoir : "Rabbi" (mais c'est réservé aux disciples), "Fils de David" (comme son collègue en maladie, Bartimée, en 10, 47). La version de Matthieu (celle de Luc, 17, 12-19 est spéciale) comporte clairement le titre « Seigneur ! » (8, 2). Chez Marc, la formule « Si tu veux » reste dépourvue d'identification du destinataire et il le restera dans la suite de l'épisode, pour ce qui concerne l'ancien malade. A la limite, on peut se demander si, arrivé auprès du prêtre, il saura nommer son bienfaiteur... On rejoint sans doute ici la pédagogie de Marc : le lecteur doit découvrir que Jésus est le Fils de Dieu davantage par son agir et de manière progressive que par des déclarations. D'une certaine manière, la christologie de Marc se méfie des titres; elle n'a sans doute pas tord. Ici, le geste de prosternation suffit pour l'instant.


Résumé
Nous avons appris ici quatre choses qui seront valables à chaque page de l’évangile, à chaque récit de miracle, que ce soit sous forme d’exorcisme, de guérison, de miracle de la nature (ou « signe messianique ») :
1/ Jésus ressent devant toute personne malade une immense compassion.
2/ Il veut agir librement, avec autorité, sans contrainte.
3/ Il fait tout pour manifester qu’il ne cherche pas la gloire par le biais des prodiges.
4/ Il invite le clergé à prendre au sérieux son ministère.

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