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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Quand le savant cherche le salut et rencontre le Christ... (Epiphanie)

Publié par Biblissimo sur 9 Janvier 2012, 08:42am

Catégories : #Evangile du dimanche

Mages-Fresque1.JPG

Pour lire le récit de la visite des mages à la crêche de Bethléem...

 

La liturgie de l'Eglise nous faire lire aujourd’hui le récit de la visite de mages auprès de Jésus nouveau-né, selon l’évangile de Matthieu.

Lectio: description de la scène

La scène est bien connue ; elle est facile à imaginer et a donné lieu à d’innombrables traditions, légendes et représentations. On en est arrivé à donner des noms aux mages, d’abord au nombre de 12 puis de 3. Ils en sont arrivés à représenter les trois continents connus au Moyen-âge chrétien. On a aussi fait de ces savants des rois et l’expression « roi-mage » est profondément ancrée dans le langage courant. Le geste auquel aboutit leur long voyage nous étonne : ils se prosternent devant l’Enfant roi. Mais plus connue encore est l’étoile qu’ils ont reconnue comme annonçant l’avènement d’un roi, interprétation courante aussi bien dans le monde gréco-romain que dans la culture arabe ou perse.

Le terme magos désignait à l’origine un prêtre perse, ou un personnage détenteur de pouvoirs surnaturels, voir un magicien, au sens moderne. Ils pensaient découvrir l’histoire par l’observation du mouvement des astres. Dans le récit de Matthieu, ils viennent de l’Orient : on peut donc les identifier à des astrologues babyloniens, les plus connus pour leur art divinatoire fondé sur l’observation des astres, donc susceptibles d’avoir des révélations spéciales sur les secrets de l’histoire.

Derrière la scène, trop merveilleuse pour être historique, se trouve un enseignement d’une grande force. Pour le découvrir, il suffit de constater que l’évangéliste s’est inspiré de plusieurs pages des Écritures (l’Ancien Testament) pour présenter Jésus comme un successeur David et un nouveau Moïse. En effet, on retrouve dans son récit des passages appartenant soit à l’histoire de l’oppression des Hébreux puis de leur libération grâce à Moïse, soit aux annonces prophétiques concernant un messie descendant de David et revêtu de la dignité royale.

 

Meditatio 1: Les mages et la figure de Balaam

Le passage principal que Matthieu a mis en rapport avec la naissance de Jésus est le célèbre récit de la prophétie d’un prophète païen, Balaam ; il se trouve au ch. 24 des Nombres. Balaam est le prophète officiel d’un roi de Moab, Balaq. Celui-ci, impressionné par l’histoire de ces tribus qui s’apprêtent à traverser son pays, ordonne à son prophète de les maudire. Celui-ci cependant, honnête, ne peut s’empêcher de prononcer des oracles de bénédiction et de prédire le succès des Hébreux. Voici l’extrait qui nous intéresse le plus :

« Oracle de Balaam, fils de Béor, oracle de l'homme au regard pénétrant, oracle de celui qui écoute les paroles de Dieu, de celui qui sait la science du Très-Haut. Il voit ce que Shaddaï fait voir, il obtient la réponse divine et ses yeux s'ouvrent. Je le vois - mais non pour maintenant, je l'aperçois - mais non de près : Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d'Israël. Il frappe les tempes de Moab et le crâne de tous les fils de Seth. Édom devient un pays conquis ; pays conquis, Séïr. Israël déploie sa puissance, Jacob domine sur ses ennemis » (v. 15-19).

Dans ce récit, Mt trouve un signe particulièrement adapté à son but, celui de l’étoile : « De Jacob monte une étoile, d’Israël se lève un sceptre » (Nb 24, 17). Des témoins de la tradition juive ont rapproché cet astre de la figure du messie royal : « Un roi doit se lever d’entre ceux de la maison de Jacob, un libérateur et un chef d’entre ceux de la maison d’Israël. »

Ajoutons que, dans la tradition juive, ce sont des mages, « scribes experts à prédire exactement l’avenir », qui annoncent à Pharaon (cf. Hérode) la naissance de Moïse. D’où sa décision de tuer les enfants mâles.

La culture gréco-romaine aussi connaît le rôle de ces mages à l’égard des grands personnages : les écrivains latins Pline et Suétone rapportent la venue de mages de Perse pour honorer Néron, en 66 ap. J.C., sur l’indication des astres.

 

Meditatio 2: La figure du roi David

L’étoile disparaît aux yeux des mages quand ils se trouvent en présence des prêtres et des scribes et qu’ils ouvrent l’Écriture. La Parole de Dieu vient répondre à la quête de la raison : « Ta Parole est la Lumière de mes pas »…

Mais de quelle Écriture s’agit-il ? Il s’agit en fait de la combinaison de deux textes prophétiques. Le premier est relatif au lieu de naissance de Jésus, Bethléem :

« Et toi Bethléem, Éphrata, le moindre des clans de Juda, c’est de toi que me naîtra celui qui doit régner sur Israël ; ses origines remontent au temps jadis, aux jours antiques. C’est pourquoi il les abandonnera jusqu’au temps où aura enfanté celle qui doit enfanter. Alors le reste de ses frères reviendra aux enfants d'Israël. Il se dressera, il fera paître son troupeau par la puissance de Yahvé, par la majesté du nom de son Dieu. Ils s’établiront, car alors il sera grand jusqu'aux extrémités du pays. Celui-ci sera paix ! » (Mi 5, 1-3).

Le second est un éloge adressé au jeune roi David : « Autrefois déjà, quand Saül régnait sur nous, c’était toi qui sortais et rentrais avec Israël, et le Seigneur t’a dit : "C’est toi qui paîtras mon peuple Israël et c’est toi qui deviendras chef d’Israël" » (2 Sm 5, 2).

La fête de l’Épiphanie nous donne donc de recevoir le Christ comme le descendant de David, le roi sur lequel repose tout l’avenir du peuple.

Mais ce n’est pas tout.

 

Meditatio 3: L’adoration des rois des nations païennes

Reprenons ce que dit Matthieu quand les mages ont quitté la cour royale et sont arrivés à Bethléem :

« Entrant dans le logis, ils virent l’enfant avec Marie sa mère, et, se prosternant, ils lui rendirent hommage ; puis, ouvrant leurs cassettes, ils lui offrirent en présents de l’or, de l’encens et de la myrrhe » (Mt 2, 11).

En disant que les mages offrent de l’or, de l’encens et de la myrrhe, Matthieu relie la naissance de Jésus à la vénération du roi messianique par les rois païens annoncée dans le Psaume 72 :

« Les rois de Tarsis et des îles rendront tribut. Les rois de Saba et de Seba feront offrande ; tous les rois se prosterneront devant lui, tous les païens le serviront » (Ps 72, 10-12).

Ce verset du Psaume renvoie à son tour à un oracle de la deuxième partie du livre d’Isaïe :

« Tu verras et seras radieuse, ton cœur tressaillira et se dilatera, car les richesses de la mer afflueront vers toi, et les trésors des nations viendront chez toi. Des multitudes de chameaux te couvriront, des jeunes bêtes de Madiân et d'Épha ; tous viendront de Saba, apportant l’or et l’encens et proclamant les louanges de Yahvé » (Is 60, 5s).

On peut encore ajouter à ces textes celui de Tb 13, 11 :

« Une vive lumière illuminera toutes les contrées de la terre ; des peuples nombreux viendront de loin, de toutes les extrémités de la terre, séjourner près du saint Nom du Seigneur Dieu, les mains portant des présents au Roi du Ciel. En toi des générations de générations manifesteront leur allégresse, et le nom de l’Élue durera dans les générations à venir ».

Matthieu indique avec solennité que les mages se sont prosternés devant l’Enfant. Il ne faut pas y voir nécessairement un geste d’adoration réservé à Dieu et dire trop vite que ce passage nous révèle que Jésus est Dieu. En effet, en Mt 18, 26, il est dit que l’homme qui soit 10.000 talents à son maître « se prosterne » devant son maître ; or ce maître est, dans la parabole, un humain. De même, dans le récit de la vénération des mages, il est dit qu’Hérode promet d’aller se prosterner devant l’Enfant ; or, ce n’est certainement pas pour l’adorer comme un Dieu… C’est dans la plénitude de la Révélation, donc après la résurrection du Christ et la Pentecôte, que l’Église sera en mesure d’affirmer que l’homme Jésus est Dieu. Si Matthieu le fait connaître ici, c’est sous la forme d’une anticipation de la foi chrétienne.

 

Conclusion: L’enfant Jésus, c’est déjà David et Moïse en préparation pour une mission de salut

Ainsi Matthieu a habilement réuni autour des mages deux figures : celle du savant et celle du roi, l’une et l’autre relevant du monde païen. À ces deux figures correspondent les deux dimensions de la mission du Christ en Mt 1-2, à savoir d’être descendant de David et nouveau Moïse.

À l’approche de la fête du Baptême du Christ, voilà une nouvelle page qui nous prépare à le recevoir dans la plénitude de sa mission pour nous, à le suivre pour l’écouter et le laisser régner dans nos vies…

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derma microneedle roller 21/07/2014 11:12

The culture followed by various churches across the world is entirely different. It depends on countries to country. Some are very complex and some are very easy to follow. Thanks for sharing more details on this topic. It was very informative.

Biblissimo 15/11/2014 19:36

I'm happy if I could give you some new understanding of the Word of God. Go on!

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