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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


COURS D'INTRODUCTION A SAINT PAUL. VI: Biographie rapide de saint Paul

Publié par Biblissimo sur 8 Août 2011, 10:34am

Catégories : #Corpus paulinien

Les principales étapes de la vie de Paul[1]

Paul nous est connu, mieux que toute autre personnalité du N.T., par ses lettres et par les Actes des apôtres, deux sources indépendantes, mais qui se complètent, malgré quelques divergences ou approximations secondaires.

Paul est né vers l’an 8 à Tarse en Cilicie, actuellement au sud-est de la Turquie :

Moi, je suis Juif, de Tarse en Cilicie, citoyen d’une ville qui n’est pas sans renom (Ac 21,39 ; 22,3).

La ville, prospère et peuplée (300.000 hab. ?) est située sur le cours inférieur du Cydnus, à l’ouest de la plaine de Cilicie : elle est une station importante (sur la route commerciale. Favorisée par les autorités (depuis Antoine et Auguste), elle est siège du gouverneur romain depuis environ 60 av. J.C. On peut supposer que la famille de Paul y avait là un commerce de tissus et de tentes, puisque c’est le métier que lui-même connaissait et exerçait (cf. Ac 18, 2-3). Tarse était de fait renommé par la fabrication du "cilice", une rude étoffe faite de poils de chèvre pour les tentes des nomades.

Il est issu d’une famille juive de la tribu de Benjamin (Rm 11,1 ; Ph 3,5).

L’étude de ses écrits montre à l’évidence qu’il reçut dès sa jeunesse deux formations complémentaires : d’une part il profita du milieu intellectuel hellénistique de Tarse, apprenant notamment la rhétorique et la pensée grecques ; d’autre part il approfondit la formation religieuse juive reçue dans le cadre de la synagogue de Tarse en séjournant à Jérusalem auprès de Gamaliel, rabbin et chef d’école :

J’ai été élevé dans cette ville [Jérusalem], et c’est aux pieds de Gamaliel que j’ai été formé à l’exacte observance de la Loi de nos pères, et j’étais rempli du zèle de Dieu (Ac 22, 3)

Ce qu’a été ma vie depuis ma jeunesse, comment depuis le début j’ai vécu au sein de ma nation, à Jérusalem même, tous les Juifs le savent. Ils me connaissent de longue date et peuvent, s’ils le veulent, témoigner que j’ai vécu suivant le parti le plus strict de notre religion, en Pharisien (Ac 26, 4s ; cf. Ga 1, 14)

Avec un tel zèle pour les traditions des pères, ce n’est pas étonnant qu’il se soit engagé à persécuter la jeune Église chrétienne (Ac 22, 4s ; 26, 9-12 ; Ga 1,13), mettant en prison les chrétiens les plus influant, mettant en garde les autres. Il ne faudrait pas s’imaginer un Saul obstiné, étroit d’esprit, fanatique incapable de réfléchir : c’est avec bonne conscience, pour servir son Dieu, qu’il le faisait.

Et c’est dans ce souci d’obéissance que le Christ le rejoint brusquement, sur la route qui allait de Jérusalem à Damas, vers l’an 33…

I.1 De Damas à Tarse, via Jérusalem

S. Légasse, Saint Paul, p. 79-84.

 

Aussitôt il effectue un séjour en Arabie (Ga ne fait pas mention d’un séjour à Damas avant le départ en Arabie, mais cela semble logique – Ac 9,20 obéit au schéma selon lequel Paul doit prêcher d’abord aux Juifs). Pour M.-F. Baslez, il s’agit d’une retraite au désert ; pour S. Légasse, Paul y prêche l’Évangile, les habitants étant des « cousins » des Juifs)[2].

Le séjour achevé, Paul inaugure sa prédication à Damas (Ga 1,17). Aussi bien Ac 9 que 2 Co 11,32-33 rapportent que Paul quitta Damas en fuyard, mais le récit des Actes explique la fuite comme la conséquence d’un complot contre les Juifs tandis que Ga parle d’une décision liée à la politique des Nabatéens[3].

Il se rend à Jérusalem (vers 37)[4]:

Après trois ans[5], je montai à Jérusalem rendre visite à Képhas et demeurai auprès de lui quinze jours : je n’ai pas vu d’autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur » (Ga 1,18-19).

D’après les Actes, il a fallu l’intervention énergique du prêtre devenu disciple du Christ, Barnabé, pour que les chrétiens, et les apôtres à leur tête, accueillent celui qu’ils connaissaient pour être un farouche opposant de toute dissension à l’intérieur du judaïsme (Ac 9,26-30).

Note d’ecclésiologie lucanienne : l’épisode met en évidence l’importance de la médiation interpersonnelle pour la bonne marche d’une communauté. Voir l’épisode suivant : Barnabé se rend lui-même à Tarse y chercher Saul.

On peut fort bien situer durant ce séjour la vision du Christ dans le Temple rapportée en Ac 22, 17-21.

Cependant, Saul ressent sur lui une grande pression de la part des membres de la communauté et décide de s’éloigner et de se retirer en Syrie-Cilicie, sans doute à Tarse (Ga 1,21 ; Ac 9,30).

I.2 À Antioche parmi les docteurs

À la suite de la persécution qui suivit la mort d’Étienne, Barnabé, compagnon des apôtres dès avant l’arrivée de Paul à Jérusalem, de tendance judaïsante, a été envoyé à Antioche, où le groupe des « chrétiens » a déjà commencé à s’organiser et à augmenter de manière spéctaculaire. De là, il va chercher Saul et le conduit à Antioche, où il enseigne :

Toute une année durant ils vécurent ensemble dans l’Église et y instruisirent une foule considérable (Ac 11,26).

La fréquentation de chrétiens formés à Jérusalem auprès des apôtres, notamment Képhas, Jean et Jacques, lui permettra de compléter sa connaissance de Jésus et de ses enseignements.

I.3 Premier voyage missionnaire avec Barnabé

Un premier voyage missionnaire (vers 40-45) lui fait annoncer l’Évangile en Chypre et en Asie mineure (Pamphylie, Pisidie et Lycaonie). Le récit de Luc commence par mentionner les circonstances de l’envoi en mission :

Il y avait dans l’Église établie à Antioche des prophètes et des docteurs : Barnabé, Syméon appelé Niger, Lucius de Cyrène, Manaën, ami d’enfance d’Hérode le tétrarque, et Saul. Or un jour, tandis qu’ils célébraient le culte du Seigneur et jeûnaient, l’Esprit Saint dit : "Mettez-moi donc à part Barnabé et Saul en vue de l’œuvre à laquelle je les ai appelés." Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent à leur mission. Eux donc, envoyés en mission par le Saint Esprit…

Note d’ecclésiologie lucanienne. Derrière cette description, on peut décoder une fois de plus les traits marquant d’une ecclésiologie de la mission. Il suffit de mettre en évidence les relations qui relient des mots caractéristiques : Église (lieu de l’appel), Esprit Saint (initiative), prière de la communauté (liturgique ?), mettre à part (voir Ga 1,15), appel (à réaliser l’œuvre missionnaire), charisme de prophétie, l’imposition des mains comme signe de communion entre la communauté et les envoyés (ils demeurent membres de la communauté)…

 [Barnabé et Saul] descendirent à Séleucie, d’où ils firent voile pour Chypre. Arrivés à Salamine, ils se mirent à annoncer la parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Ils avaient avec eux Jean [Marc] comme auxiliaire. Ayant traversé toute l’île jusqu’à Paphos, ils trouvèrent là un magicien, nommé Bar-Jésus, qui était de l’entourage du proconsul Sergius Paulus, homme avisé. Ce dernier fit appeler Barnabé et Saul, désireux d’entendre la parole de Dieu. De Paphos, où ils s’embarquèrent, Paul et ses compagnons gagnèrent Pergé, en Pamphylie (Ac 13,4…13).

Il se met à porter son nom romain de Paulos de préférence à son nom juif Saulos :

Alors Saul - appelé aussi Paul -, rempli de l’Esprit Saint (Ac 13,9).

Son envergure d’apôtre commence alors se manifester, jusqu’à supplanter Barnabé aux yeux de Luc. À Lystres :

Ils appelaient Barnabé Zeus et Paul Hermès, puisque c’était lui qui portait la parole (Ac 14,12).

À l’issue de leur voyage, Paul et Barnabé rentrèrent à Antioche :

Après avoir évangélisé Derbé et y avoir fait bon nombre de disciples, ils retournèrent à Lystres, Iconium et Antioche. Ils affermissaient le cœur des disciples, les encourageant à persévérer dans la foi… ils firent voile vers Antioche. À leur arrivée, ils réunirent l’Église et se mirent à rapporter tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. Ils demeurèrent ensuite assez longtemps avec les disciples (Ac 14,21…28).

I.4 Second voyage missionnaire et fondation de l’église de Corinthe

Son second voyage missionnaire le conduit en Europe, entre 47 et 52. L’événement le plus marquant de ce voyage sera la fondation de la communauté de Corinthe.


Paul dit à Barnabé : "Retournons donc visiter les frères dans toutes les villes où nous avons annoncé la parole du Seigneur, pour voir où ils en sont." Mais Barnabé voulait emmener aussi Jean, surnommé Marc ; Paul, lui, n’était pas d’avis d’emmener celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et n’avait pas été à l’œuvre avec eux. On s’échauffa, et l’on finit par se séparer. Barnabé prit Marc avec lui et s’embarqua pour Chypre. De son côté, Paul fit choix de Silas et partit, après avoir été confié par les frères à la grâce de Dieu (Ac 15,35-39).

À Lystres, il s’adjoint Timothée qui sera son adjoint le plus fidèle :

Il y avait un disciple nommé Timothée, fils d’une juive devenue croyante, mais d’un père grec. Les frères de Lystres et d’Iconium lui rendaient un bon témoignage. Paul décida de l’emmener avec lui. Il le prit donc et le circoncit, à cause des Juifs qui se trouvaient dans ces parages, car tous savaient que son père était grec. Dans les villes, ils transmettaient les décrets portés par les apôtres et les anciens de Jérusalem (Ac 16,1-4).

Il commence toujours par rencontrer les Juifs dans la synagogue de la ville.

En Europe… À Philippes, colonie romaine importante et riche, il fonde la communauté, loge chez Lydie[6], qu’il a baptisée, puis se fait arrêter et mettre en prison.

Après avoir traversé Amphipolis et Apollonie, ils arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue. Trois sabbats de suite, il discuta avec eux d’après les Écritures. Il les leur expliquait, établissant que le Christ devait souffrir et ressusciter des morts (Ac 17,1-3).

Après Thessalonique et Bérée, Paul s’arrête à Athènes (1 Th 3,1). Là il a l’occasion d’interpeller « les philosophes épicuriens » à l’Aréopage (colline d’Arès, lieu de réunion des notables, en contrebas de l’Acropole). Les notables lui demandent de les informer de sa doctrine. D’où le célèbre discours devant l’Aréopage (omniprésence de Dieu ; absurdité de l’idolâtrie ; jugement à venir par l’intermédiaire de celui que Dieu a envoyé et ressuscité des morts). L’expérience de l’échec face aux savants constitue une étape décisive dans l’évolution de Paul, d’autant plus que la réussite l’attend au port de Corinthe, dans la population pauvre et laborieuse de la ville.

Fondation de la communauté de Corinthe.

Les caractéristiques de la ville de Corinthe pour ce qui concerne le ministère de Paul, ses relations avec la communauté chrétienne et l'ecclésiologie des Lettres aux Corinthiens:

1- Corinthe est la capitale administrative, économique et commerciale de l'immense presqu'île de l'Achaïe. Elle fut refondée par Jules César en 44 en tant que colonie romaine. Un gouverneur y siège.

2- Ville commerciale grâce à sa situation géographique : elle possède deux ports, l’un du côté du Golfe de Salonique, Cenchrées, l’autre vers le golfe de Corinthe, le Lechaion. Les bateaux peuvent ainsi éviter de passer par le sud de l'Achaïe, très dangereux pour la navigation, surtout l'hiver.

3- Population composée de milliers de manoeuvres (on les appeleraient aujourd'hui: "dockers") donc de couche sociale très basse. La moralité de la ville s’en ressent et « vivre à la corinthienne » signifiait la débauche sexuelle, parfois sous le patronage de la déesse Aphrodite, dont le temple, dans l’acropole, dominait la ville.

4- Artisanat: poteries peintes de manière caractéristique et miroirs en étain.

5- Proximité avec un centre où se tenaient les célèbres "Jeux isthmiques", semblables aux jeux olympiques.

Saint Paul y fut le premier apôtre à établir l’Évangile. Il n’a pas été reçu à la synagogue, mais les "dockers" ont adhéré au message du salut… On peut donc s’imaginer la communauté de Corinthe comme plutôt "populaire", ce qui n’exclut pas la présence de notables, comme cet Érastos, trésorier de la ville, ou le couple Aquilas et Prisca[7], qui accueillaient les assemblées dans leursvillas.

Paul séjourne à Corinthe 18 mois. D’abord chez Crispus, prosélyte juif dont la maison était contiguë à la synagogue, puis chez Aquilas et sa femme Priscille, venus de Rome suite à l’édit de Claude contre les Juifs[8]. Il travaille avec eux, de ses mains (fabrication de tentes, plus exactement de "bâches"). Dans la situation de conflit avec les Juifs, il est présenté au proconsul d’Achaïe, Gallion, durant l’été 51 :

Alors que Gallion était proconsul d’Achaïe, les Juifs se soulevèrent d’un commun accord contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal. Gallion dit aux Juifs: "S’il était question de quelque délit ou méfait, j’accueillerais, Juifs, votre plainte, comme de raison. Mais puisqu’il s’agit de contestations sur des mots et des noms et sur votre propre Loi, à vous de voir! Être juge, moi, en ces matières, je m’y refuse." Tous se saisirent de Sosthène, le chef de synagogue, et, devant le tribunal, se mirent à le battre. Et de tout cela Gallion n’avait cure (Ac 18,12-18).

Il écrit la première Lettre aux Thessaloniciens :

Nous avions enduré à Philippes des souffrances et des insultes (1 Th 2,1). Nous avons envoyé Timothée pour vous affermir et réconforter dans votre foi… Maintenant Timothée nous est revenu de chez vous et il nous a donné de bonnes nouvelles… (1 Th 3,1.6). Quand Silas et Timothée furent arrivés de Macédoine, Paul se consacra tout entier à la parole… (Ac 18,5).

Puis la deuxième aux Thessaloniciens, si elle est de Paul.

Il décide de retourner à Antioche, sa communauté d’attache. Il s’arrête rapidement à Éphèse, promettant d’y revenir pour un long séjour. Il rend visite à la communauté de Jérusalem.

I.5 L’assemblée de Jérusalem et l’incident d’Antioche

L’assemblée de Jérusalem[9]. Version des Actes : Paul, Barnabé et quelques autres quittent Antioche pour Jérusalem pour discuter de la nécessité de la circoncision :

Certaines gens du parti des Pharisiens qui étaient devenus croyants intervinrent pour déclarer qu’il fallait circoncire les païens et leur enjoindre d’observer la Loi de Moïse (Ac 15).

Version de Galates : Paul part suite à une révélation et dans le but de vérifier sa prédication chez les païens; la question de la circoncision est secondaire.

Au bout de 14 ans, je montai à Jérusalem avec Barnabé et Tite que je pris avec moi. J’y montai à la suite d’une révélation ; et je leur exposai l’Évangile que je prêche parmi les païens - mais séparément aux notables, de peur de courir ou d’avoir couru pour rien. Eh bien ! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n’exigea pas qu’il se fît circoncire. Mais à cause des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude, gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin de sauvegarder pour vous la vérité de l’Évangile... (Ga 2,1-5).

En fait, on évitera le débat sur la circoncision et on ne parlera que de règles alimentaires…

 

L’incident d’Antioche (Ga 2,11-14) : on ne peut pas harmoniser ce récit avec ce que supposent les Actes, ni placer avec certitude cet événement en rapport avec l’assemblée de Jérusalem. Quand Pierre change de position face aux chrétiens en provenance de Jérusalem et liés à Jacques, donc de tendance judaïsante, Paul le reprend sévèrement. Puis on ne mentionnera plus de rapport entre Paul et Antioche.

I.6 Le troisième voyage missionnaire et la fondation de l’église d’Éphèse

De 53 à 58, Paul reprend la route ; il a pour principale intention la fondation d’une communauté dans la grande cité d’Éphèse.

Après avoir traversé le flanc occidental du Taurus, puis le territoire galate[10], Paul prend la voie directe et arrive à Éphèse. Il y séjourne un peu plus de deux ans (Ac 19, 10 ; 20, 31). Deux choses importantes dans ce récit : la fondation de la communauté d’Éphèse et l’organisation de la collecte pour l’église de Jérusalem.

Éphèse : Un des plus grands centres urbains de l’Empire, à l’entrée de la route qui menait au centre de l’Asie mineure. Centre religieux : le culte d’Artémis a pris le relais de celui de la déesse mère, vénérée plus au centre du pays dès le viiiè s. Artémis est fille de Zeus et jumelle d’Apollon par Léto; nés sur l’île de Délos malgré la fureur de Héra qui fit tout pour empêcher Léto d’accoucher. Elle est toujours vierge, aime vagabonder dans les bois et les forêts pour chasser ; tient à tout prix à sa virginité jusqu’à punir impitoyablement les amants présomptueux.

Fondée par des Amazones, puis par des Ioniens grecs avec Androklos[11] (Strabon). Détruite par Crésus (viè s.); les habitants se rassemblent autour du temple d’Artémis; puis par les Perses; brûlée au ivè s., elle sera reconstruite pour devenir une des sept merveilles du monde; Lysimaque, général d’Alexandre le Grand sauve la ville en la déplaçant à l’endroit que l’on visite actuellement (l’ensablement du port rendait le commerce impossible et multipliait les maladies); puis sous domination de Pergame puis des Romains (134 av. J.C.). Sera supplantée par Smyrne, comme elle a supplanté Milet.

Un des plus célèbres fondateurs de la philosophie grecque, Héraclite (viè s.), a vécu à Éphèse.

Ville particulièrement fidèle au culte de la dea Roma et du divus Iulius (cf. immense temple de Domitien), capitale administrative de la Province (sénatoriale) romaine d’Asie depuis 169 av. J.C., et carrefour commercial, ville imposante par ses bâtiments.

Paul y trouve quelques disciples qui ne connaissaient que le baptême de Jean. Apollos, juif originaire d’Alexandrie, excellent orateur, se trouvait à Éphèse juste avant son arrivée. Il le précèdera à Corinthe, où commenceront des partis…

En réponse aux nouvelles et aux problèmes qui tourmentaient les frères de Corinthe, Paul écrit la première lettre aux Corinthiens. Qui suit une autre (qualifiée par les exégètes de "précanonique" : « Vous écrivant, dans ma lettre, de n’avoir pas de relations avec des débauchés », 1 Co 5, 9).

Visite intermédiaire à Corinthe (2 Co 12,14 ; 13,1).

De nombreux spécialistes situent durant ce séjour à Éphèse un emprisonnement de Paul correspondant aux indications données dans certaines lettres, celles adressées aux Philippiens et aux communautés situées dans la vallée du Lycos, le fleuve qui débouche à Éphèse : les lettres aux Colossiens et à Philémon. Un peu plus tard sans doute sera rédigée la lettre aux Éphésiens (ou aux Laodicéens) ?

Priez pour nous en particulier, afin que Dieu ouvre un champ libre à notre prédication et que nous puissions annoncer le mystère du Christ ; c’est à cause de lui que je suis dans les fers […] Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue (Col 4,3,10).

Afin de poursuivre la collecte et en vue de visiter pour la troisième et dernière fois Corinthe, Paul quitte Éphèse pour la Macédoine et Corinthe.

En chemin, il adresse une deuxième lettre aux Corinthiens, pour répondre aux accusations qui le touchent personnellement dans son ministère à l’égard des Corinthiens.

Paul convoqua les disciples, leur adressa une exhortation et, après avoir fait ses adieux, partit pour la Macédoine. Il traversa cette contrée, y exhorta longuement les fidèles et parvint en Grèce, où il resta trois mois (Ac 20,1-3).

Il organise la collecte (Ac 24,17 ; 2 Co 8,9) :

Je me rends à Jérusalem pour le service des saints : car la Macédoine et l’Achaïe ont bien voulu prendre quelque part aux besoins des saints de Jérusalem qui sont dans la pauvreté. Oui, elles l’ont bien voulu, et elles le leur devaient : si les païens, en effet, ont participé à leurs biens spirituels, ils doivent à leur tour les servir de leurs biens temporels (Rm 15,25-27).

Sans doute au cours du trajet, entre Éphèse et Troas, il écrit de manière intempestive une lettre aux Galates, qu’il avait visités à l’aller pour réagir à la pression de prédicateurs judaïsants (arrivés d'Antioche, la "communauté mère" de Galatie?).

Arrivé à Corinthe (3 mois : hiver 57-58), il écrit la lettre aux Romains (voir Rm 15,22-32) :

Je vous recommande Phébée, notre sœur, diacre de l’Église de Cenchrées [port de Corinthe] : offrez-lui dans le Seigneur un accueil digne des saints, et assistez-la en toute affaire où elle aurait besoin de vous ; aussi bien fut-elle une protectrice pour nombre de chrétiens et pour moi-même (Rm 16, 1-2).

Dans son voyage de retour, il s’arrête à Troas (il ressuscite un garçon qui s’était endormi et était tombé de la fenêtre). Il retrouve Luc qui l’accompagnera désormais.

À Milet, il fait venir les anciens de la communauté d’Éphèse (« Paul avait en effet décidé de passer au large d’Éphèse, pour ne pas avoir à s’attarder en Asie. Il se hâtait afin d’être, si possible, le jour de la Pentecôte à Jérusalem » –  Ac 20,16) à qui il adresse ses adieux (Ac 20,17-38).

I.7 La passion de Paul : de Jérusalem à Rome

Le récit de l’arrivée et du séjour de Paul à Jérusalem puis à Césarée (Ac 21-26) doit présenter le cadre du procès de Paul, à la suite de celui de Jérusalem. Il commence par un débat sur la rupture avec les observances juives :

Ils ont entendu dire que tu pousses les Juifs qui vivent au milieu des païens à la défection vis-à-vis de Moïse, leur disant de ne plus circoncire leurs enfants et de ne plus suivre les coutumes. Que faire donc ? Assurément la multitude ne manquera pas de se rassembler, car on apprendra ton arrivée. Fais donc ce que nous allons te dire. Nous avons ici quatre hommes qui sont tenus par un vœu. Emmène-les, joins-toi à eux pour la purification et charge-toi des frais pour qu’ils puissent se faire raser la tête. Ainsi tout le monde saura qu’il n’y a rien de vrai dans ce qu’ils ont entendu dire à ton sujet, mais que tu te conduis, toi aussi, en observateur de la Loi (Ac 21,21-26).

Son arrestation au Temple lui permet de prononcer successivement quatre discours : au peuple (ch. 22; on lui reproche de se tourner vers les païens) ; au Sanhédrin (ch. 23; suscite la division de l’assemblée en provocant un débat sur la résurrection) ; au proconsul Felix (Ac 24 – exhortation à la conversion des païens) ; au roi Agrippa ii (ch. 25 ; discours adressé à un juif : l’Évangile accomplit les Écritures). Vision de Jésus qui l’encourage et lui révèle que ce procès lui permettra de se rendre à Rome.

En se déclarant citoyen romain, Paul semble sortir son « joker » : il échappera définitivement des mains des autorités juives de Jérusalem en vue de préparer son procès dans le cadre de la juridiction romaine ; pour cela, les Romains le protègent, le transfèrent à Césarée puis de Césarée à Rome.

Similitude dans la manière d’être jugés entre Jésus et Paul. Luc ne se montre pas très cohérent avec le droit romain, car il veut avant tout servir son plan de comparaison entre Paul et Jésus. En particulier quand il fait comparaître l’apôtre successivement devant le procurateur Felix (où il est flagellé et reçoit des humiliations) et le roi Agrippa, tout comme Jésus devant Pilate puis Hérode Antipas, avant d’être livrés l’un et l’autre à la sentence des chefs du peuple juif.

Ac 27-28 : récit épique de voyage par mer, Paul étant prisonnié et gardé de près par une escorte dans un bateau "mixte" (passagers et marchandises) de 276 passagers. Le naufrage sur l’île de Malte (période impropre à la navigation) permet de présenter Paul comme protégé par un miracle divin, conformément à mc 16, 18. Arrivée à Rome, via la Sicile (Syracuse), et le port de Pouzzoles, où se trouve un groupe de chrétiens:

Les frères de cette ville, informés de notre arrivée, vinrent à notre rencontre jusqu’au Forum d’Appius et aux Trois-Tavernes. En les voyant Paul rendit grâces à Dieu et reprit courage. Quand nous fûmes entrés dans Rome, on permit à Paul de loger en son particulier avec le soldat qui le gardait. Trois jours après, il convoqua les notables juifs […] Paul demeura deux années entières dans le logis qu’il avait loué. Il recevait tous ceux qui venaient le trouver, proclamant le Royaume de Dieu et enseignant ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec pleine assurance et sans obstacle (Ac 28,15-17,29-30).

 

61-63 : Captivité romaine. Paul retrouve les amis et les parents qui avaient quitté Éphèse dès 54 et reconstitué ici une Église. Il est accueilli chez l’un d’eux, puis, selon les principes de la bonne éducation antique, il n’abusa pas de l’hospitalité et loua ensuite un logement.

Au bout de deux ans, aucun accusateur ne s’étant manifesté, Paul est mis en liberté.

I.8 63-66 : Dernières années de Paul

E. Cothenet, Saint Paul en son temps (C.E. 26), Service biblique Évangile et Vie, Cerf, Paris, 1978, p. 76-80.

 

Luc ne nous dit rien de la fin de la vie de Paul. Sans doute parce que son récit n’avait pas d’autre but que de baliser le « voyage » de l’Évangile jusqu’au centre du monde de l’époque. Nos sources pour cette dernière partie de la vie de Paul sont partielles. C’est dommage.

2 Tm, 1 Tm et Tite font supposer beaucoup de voyages et de fondations nouvelles, en Asie mineure : Crète (où Paul laisse Tite), Éphèse puis Macédoine d’où il écrirait la 1 Tm et Tite ; hiver à Nicopolis (Épire) ; à Rome, prisonnier, d’où il écrit 2 Tm très peu de temps avant son martyre. Cependant, en Ac 20, Lc rapporte que les anciens d’Éphèse ne verront pas le visage de l’Apôtre : cela aurait-il un sens si, par la suite, Paul serait revenu dans cette ville ? De plus, en Rm 15, 23, Paul laisse entendre qu’il en a fini avec une activité missionnaire dans l’est de l’Empire.

En Crète :

Si je t’ai laissé en Crète, c’est pour y achever l’organisation et pour établir dans chaque ville des presbytres, conformément à mes instructions (Ti 1,5).

À Nicopolis (Épire):

Lorsque je t’aurai envoyé Artémas ou Tychique, hâte-toi de me rejoindre à Nicopolis. C’est là que j’ai décidé de passer l’hiver. Prends toutes dispositions pour le voyage du juriste Zénas et d’Apollos, afin qu’ils ne manquent de rien (Ti 3,12-13).

A-t-il pu accomplir son souhait de pousser jusqu’en Espagne, bornes de l’Empire, en passant par la Via Narbonensis (cf. Rm 15,23-24,28) ? Clément de Rome, le Canon de Muratori (vers 180) et les Actes de Pierre (vers 190) le laissent supposer. Sénèque est de Cordoue ; Quintilien (30-100), Hadrien († 138) et Théodose (empereur en 379) sont d’origine espagnole ; l’influence romaine y est déjà grande[12].

 

67 ? : Deuxième captivité romaine et mort (par le martyre ?).

Paul écrit la deuxième lettre à Timothée.

Ne rougis donc pas du témoignage à rendre à notre Seigneur, ni de moi son prisonnier, mais souffre plutôt avec moi pour l’Évangile, soutenu par la force de Dieu (2 Tm 1,8).

Que le Seigneur fasse miséricorde à la famille d’Onésiphore, car souvent il m’a réconforté, et il n’a pas rougi de mes chaînes ; au contraire, à son arrivée à Rome, il m’a recherché activement et m’a découvert. Que le Seigneur lui donne d’obtenir miséricorde auprès du Seigneur en ce Jour-là. Quant aux services qu’il m’a rendus, à Éphèse, tu les connais mieux que personne (2 Tm 1,16-18).

Je suis déjà répandu en libation et le moment de mon départ (analyseôs) est venu. J’ai combattu jusqu’au bout le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi. Et maintenant, voici qu’est préparée pour moi la couronne de justice, qu’en retour le Seigneur me donnera en ce Jour-là, lui, le juste Juge, et non seulement à moi mais à tous ceux qui auront attendu avec amour son Apparition (2 Tm 4,6-8).

Hâte-toi de venir me rejoindre, car Démas m’a abandonné par amour du monde présent. Il est parti pour Thessalonique, Crescens pour la Galatie, Tite pour la Dalmatie. Seul Luc est avec moi. Prends Marc et amène-le avec toi, car il m’est précieux pour le ministère. J’ai envoyé Tychique à Éphèse. En venant, apporte le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpos, ainsi que les livres, surtout les parchemins (2 Tm 4,9-13).

La mort de Paul[13]

S. Légasse, Saint Paul, p. 248-254.

Nous ne disposons que de deux textes sérieux relatifs à la mort de Paul.

Clément de Rome (Épître aux Corinthiens, 5, 5-6) écrit que « Paul a rendu témoignage devant ceux qui gouvernent ». Ne dit pas explicitement la mort violente, mais le contexte le suppose et compte Paul et Pierre parmi les martyrs.

Tertullien, entre 200 et 213, précise les circonstances de la mort des ddeux apôtres: Pierre et Paul ont subi le martyre sous Néron, l’un crucifié comme Jésus, l’autre décapité comme Jean-Baptiste[14].

L’incendie principal de Rome éclata le 19 juillet 64. Il ne fut maîtrisé que dix jours plus tard. D’après l'historien et écrivain latin Tacite († 120)[15], Néron prit des mesures pour reconstruire la ville et éviter qu’une telle catastrophe se reproduise. On fit des piacula, cérémonies expiatoires destinées à apaiser la colère des dieux. Rien n’empêcha la rumeur de se répandre selon laquelle Néron aurait commandé l’incendie. Ce n’est qu’à court d’arguments pour se défendre que Néron décide de s’en prendre à ces groupes mal aimés qu’étaient les chrétiens. Une foule immense fut appréhendée en deux temps et subirent des supplices raffinés, dans les jardins impériaux : « les uns, couverts de peaux de bêtes, périssaient dévorés par les chiens; beaucoup, mis en croix, étaient brûlés pour éclairer la nuit. »

À ces deux textes, on ajoute les Actes de Paul, plus tard (vers 180) qui mettent en scène la décapitation de Paul et les phénomènes miraculeux qui l'ont accompagnée.

II.  Paul et les autres apôtres

V. Fusco, Les tensions et l’accord, in : Les premières communautés chrétiennes (LD 188), Cerf, Paris, 2001. Ch. iii : Groupes, tendances, tensions, pp. 273-305

II.1 L’Assemblée de Jérusalem

S. Légasse, Saint Paul, p. 143-153.

 

Luc et Paul, chacun de son côté, mentionnent un double événement caractéristique de l’évolution de l’Église et lié à la crise provoquée par l’apostolat de Paul et Barnabé auprès des païens : l’Assemblée de Jérusalem et la position contradictoire de Simon-Pierre lors d’un passage à Antioche. On en trouve la relation en Ga 2, 1-10 et Ac 15. La confrontation minutieuse de ces deux textes fait apparaître des différences considérables, même si le fond correspond. Comme Ga est plus proche des événements, c’est ce texte qu’il convient d’utiliser en premier lieu. Il faut cependant prendre en compte, là aussi, le ton polémique de l’épître et le fait qu’on ne connaît pas la réponse de la partie adverse. On peut seulement faire valoir le discours de Jacques dans les Actes[17].

Au chapitre 15 des Actes, Luc poursuit le débat longuement décrit aux ch. 10 et 11 et le reprend pour y introduire la version de Paul. Autrement dit, pour Luc, ce n’est pas Paul qui a soulevé le grave problème du rapport entre judaïsme et hellénisme dans l’Église : il a été posé et résolu bien avant lui. Paul ne fait que porter la réflexion plus loin et exiger à une mise en pratique plus radicale, plus officielle.

Dans la Lettre aux Galates cependant, c’est Paul qui sollicite, suite à une révélation, une réunion au plus haut niveau des instances ecclésiales, à Jérusalem. Paul avait bien la certitude de prêcher l’Évangile en parfaite fidélité avec l’enseignement de Jésus ; mais il avait absolument besoin d’avoir leur approbation officielle : si « l’Évangile parmi les païens » n’était pas reconnu à Jérusalem, qu’en serait-il de l’œuvre du Christ, œuvre de communion et d’unité ?

L’élément clef de la visite de Paul, selon Ga 1 et 2, est la question de la circoncision des païens convertis, nécessaire pour les uns, conseillée par d’autres comme un plus, rejetée par Paul. Ce n’est pas celui que Luc rapporte en Ac 15, puisque l’assemblée doit décider de la pratique des règles de pureté alimentaire.

Circoncision : loi fondamentale pour les Juifs, religieuse et sociale ; le problème n’est pas d’être ou non circoncis[18], mais de refuser de l’être : car alors c’est provoquer une séparation d’avec le peuple élu ; ou de l’exiger : dans ce cas, c’était fermer la porte à la majorité des païens. Refuser la circoncision : parce qu’elle est faite au nom de Moïse, pas de Jésus ?

Il se trouve que, bizarrement, ni Paul ni Luc ne disposent de parole directe de Jésus sur ce sujet capital et décisif. Fallait-il innover ?

La position dont témoignent les Actes est de réfléchir sur un double constat : les fruits de l’apostolat chez les païens sont indubitables et l’orthodoxie de la pensée de Paul est incontestable. Les colonnes de l’Église ont donc confirmé les options de Paul. On juge l’arbre à ses fruits.

La communion, mot très fort dans la bouche de Paul, est scellée par la poignée de mains et par la promesse de partager les biens matériels (les chrétiens d’Antioche étaient en meilleure situation que ceux de Jérusalem, dans une condition précaire du fait de l’opposition des chefs des Juifs et de la guerre avec Rome). Paul prendra très à cœur cette promesse : la collecte de Jérusalem (troisième voyage) !

II.2 La dispute d’Antioche (Ga 2, 11-12)

S. Légasse, Saint Paul, p. 155-161.

 

Lorsque Képhas vint à Antioche, il prit part aux repas des chrétiens où se mêlaient ceux d’origine juive et ceux issus du paganisme (avec la plupart du temps le rite eucharistique). Il ne trouva rien à redire, mais « des gens de Jacques » l’ont déstabilisé en haussant le ton à propos de pureté alimentaire.

Paul va répondre en théologien ; il s’interroge sur la portée de la Passion de Jésus : « Serait-il mort pour rien ? » et sur les conditions de notre salut, en particulier de la valeur de la Loi depuis qu’eut lieu le mystère pascal et pour ceux qui l’ont accueilli. Accueillir le mystère pascal, c’est accueillir le Christ qui s’est livré pour les péchés, certes, mais aussi « pour moi ».

Ga : écrite après la dispute d’Antioche et après 1 Co, où Pierre est mis à la première place, sans jugement dévalorisant de la part de Paul.

Luc met les deux personnages en paix dans sa manière de rapporter le problème, en particulier par le fait que Pierre est le premier à y être confronté : baptême de Corneille



[1] Nous nous basons sur l’ouvrage de S. Légasse, en proposant des options provenant de J. Becker et M.-F. Baslez. On trouvera en Annexe un tableau indiquant les repères biographiques de Paul.

[2] M.-F. Baslez, Pour lire saint Paul, p. 25-26. S. Légasse, Paul apôtre, p. 80-81.

[3] Voir S. Légasse, p. 81-83.

[4] On laisse de côté la version des Actes selon laquelle Saul fuit Damas pour se rendre directement à Jérusalem (épisode de Barnabé) en faveur de Ga 1,18-19.

[5] S. Légasse estime qu’il s’agit de trois ans après le retour de Paul à Damas (p. 84).

[6] Peut-être esclave affranchie, car l’esclave portait souvent le nom de la province d’origine.

[7] Ils sont commerçants en pourpre. Le pourpre est un lin très fin, teint de rouge avec le pigment indélébile d’une espèce d’escargot appelé murex en latin, trouvé surtout près de Tyr.

[8]

[9] J. Becker maintient que cette assemblée a eu lieu conformément au récit d’Ac 15, c’est-à-dire après le premier voyage missionnaire. En particulier parce que le récit mentionnerait d’une manière ou d’une autre le succès de Paul en Europe. Il considère au contraire le passage de Paul à Antioche entre le deuxième et le troisième voyage missionnaire comme inauthentique : Paul quitte Corinthe pour fonder Éphèse.

[10] Territoire des Galates : non la Province romaine, mais la région située autour d’Antioche de Pisidie, avec Derbé et Ankara.

[11] Non sans avoir consulté l’oracle de Delphes : le poisson brûlera ; suivez le sanglier. On voit encore l’image du sanglier, qui symbolisa longtemps Éphèse, sur une des frises du temple d’Hadrien (135 ap. J.C.).

[12] Ce n’est pas l’opinion de Ch. Reynier dans Pour lire saint Paul, p. 56.

[13] Sérieux mais pas infaillibles: S. Légasse estime que la tradition selon laquelle Paul est mort martyr est fiable mais que les notices relatives aux circonstances du martyre sont légendaires (p. 249).

[14] De praescr. Haer., XXXVI, 3 ; Adv. Marc., IV, 5 ; Scorp., XV, 3.

[15] Ann. XI, 44.

[17] M. Quesnel retient plus vraisemblable l’indication de Ga qui place l’Assemblée 14 ans après le voyage de Paul à Jérusalem (donc après le 2ème voyage missionnaire) tandis que Luc la situe après le 1er voyage (Paul, pp. 27-28). Luc a préféré anticiper pour présenter le 2nd voyage comme plus pacifique.

[18] Cf. 1 Co 7, 18ss : « La circoncision n’est rien et l’incirconcision n’est rien : le tout c’est d’observer les commandements de Dieu. »

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