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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Marie mère de Jésus dans les Ecritures

Publié par Biblissimo sur 15 Novembre 2009, 16:46pm

Catégories : #Christologie et Bible

Que disent de Marie, mère de Jésus, les écrits du N.T.? Ce document indique tous les lieux et donne les orientations de base pour une juste usage de la Parole de Dieu sur ce thème cher aux Catholiques

Sept éléments indispensables pour toute réflexion sur le mystère de Marie dans le dessein du Salut

♦ Le « mystère de Marie » est tout entier ordonné au Christ.

♦ Toute la réflexion de l’Église catholique sur le rôle de Marie s’appuie sur la Révélation, c’est-à-dire sur la Parole de Dieu et sur la Tradition.

♦ Marie est créature comme nous. Elle n’a rien que nous n’ayons pas, mais tout ce qu’elle a reçu de Dieu, elle l’a reçu de manière parfaite.

♦ Elle est une rachetée comme nous, mais par anticipation.

♦ Fille d’Adam et d’Ève, soumise aux conditions habituelles de la vie humaine, y compris la mort, Marie doit connaître toutes les étapes de croissance nécessaires aux hommes ; elle doit recevoir la formation et l’éducation capable de l’intégrer dans le monde ; elle est soumise aux éléments naturels, aux besoins du corps et de l’âme. Pouvait-elle tomber malade ?

♦ Fille de Nazareth, elle appartient au peuple juif et partage la religion et les traditions de sorte qu’elle est pleinement insérée dans la vie d’une famille, d’un village, d’une nation.

♦ Ga 4,4 : « Né d’une femme, né sujet de la Loi ». Ce n’est pas un texte mariologique : toute femme juive engendre des garçons soumis aux préceptes de la Torah.

 

Dans la Bible, Marie de Nazareth est d’abord la mère du Messie (plus tard, on lui donnera un titre plus complet : « Mère de Dieu »). C’est la donnée de départ. Cependant, quelques textes du N.T. lui donnent un rôle particulier qui laisse entrevoir une mission qui dépasse la simple maternité indispensable pour la naissance et l’éducation du Sauveur. Pour cela, il est indispensable de relire les textes de plus près, en particulier en cherchant comment l’évangéliste réinterprète des textes de l’A.T. porteurs de révélation.

 

Les récits de l’enfance. Surtout Lc 1-2

Les annonces de la "joie messianique" dans l’A.T. :

Jg 6,12; Is 7,4.14; 12,6; 40,9; 54,1; So 3,14-18; Za 2,14; 9,9; Jl 2,21-27.

Annonciation : l’ange salue Marie par les mots : « Réjouis-toi ! Ne crains pas ! Le Seigneur est avec toi ! ». Or, ces formules de salutation font immédiatement penser aux promesses de salut adressées à la « Fille de Sion » dans les livres d’Isaïe, de Sophonie et de Zacharie. Il s’agit d’une joie particulière : la « joie messianique ». Le contexte est toujours celui de la précarité de la situation de Jérusalem puisque ses habitants sont en exil, sauf des personnes pauvres ou âgées… Pourtant, Dieu annonce : « Ne crains pas ! » Alors que tous pensent qu’il a abandonné son peuple, le prophète annonce : « Yahvé ton Dieu est au milieu de toi ! »

« Comblée-de-grâce » : Marie a bénéficié d’une manière exceptionnelle de la faveur divine. Personne n’avait reçu jusque là une telle qualification.

Élisabeth proclame : « Bienheureuse celle qui a cru… » Marie se fait disciple de l’Évangile : elle est celle qui garde toutes choses dans son cœur, modèle des croyants (voir 2,19.51). Ainsi, elle cherche à pénétrer la révélation concernant le Fils de Dieu devenant homme et y répond dans une foi totale.

« Comment se fait-il que la Mère de mon Sauveur vienne jusqu’à moi ? » Voir 2 Sm 6,9 : C’est l’expression de David à la pensée que l’Arche allait habiter dans son palais. Marie est donc l’Arche nouvelle qui porte celui par qui sera instaurée l’Alliance parfaite.

Dans le Magnificat, on retrouve le chant de Moïse (Ex 15, suivi par celui de sa sœur Myriam), celui d’Anne (1 Sm 2, 1-10) et de Judith (Jdt 5,12 – 16,17).


Autres textes du N.T.

♦ La vraie parenté de Jésus : Lc 11,27-28 & Mc 3,31-35 (// Mt 12,46-50 ; Lc 8,19-21).

♦ Marie a un rôle de médiation lors des noces de Cana (Jn 2), quand Jésus quitte la maison (« Qu’y a-t-il entre toi et moi, femme ? ») pour s’attacher à Israël, l’épouse de Yahvé (« Tu as gardé le bon vin… », dit l’intendant au marié).

♦ Jn 19,25-27 : Marie est au pied Jésus, nouvel Adam, en Croix, avec son côté percé par la lance d’où coule le sang et l’eau (comme à toute naissance?), signes du Fleuve de vie, mais aussi de la Femme nouvelle, l’Église (voir Gn 2,21-24 : Dieu bâtit la femme à partir d’une côte d’Adam). Marie est nouvelle Ève par qui est enfantée l’Église (représentée par le disciple bien-aimé).

♦ De même que Marie, assistée de l’Esprit Saint, est au point de départ de l’Incarnation, de même Luc la situe dans le groupe des apôtres qui se réunissent au Cénacle en attendant la Pentecôte. A lire en relation avec les récits de l’enfance, qui donnent un rôle décisif à l’Esprit Saint dans tout ce qui prépare et réalise la naissance du Sauveur.

♦ Ap 12 : Vision de la Femme revêtue de soleil, la lune sous les pieds, symbole à la fois de l’Église (12 étoiles) et de la Mère du Sauveur. Elle donne naissance au Messie annoncé dans le Psaume 2, celui « qui mènera les nations avec un sceptre de fer ». Et en même temps, elle doit elle-même souffrir.

 

La conception immaculée de Marie

Voir l’hymne d’Éphésiens : « [Dieu] nous a élus en lui, dès avant la fondation du monde, pour être saints et immaculés en sa présence, dans l'amour » (Eph 1,14). Ce que Dieu avait prévu pour la fin des temps, il peut le faire dans le temps pour celle qui doit concevoir puis éduquer son Fils lui-même immaculé.

 

Marie, a-t-elle eu d’autres enfants ?

Marie a conçu Jésus dans la virginité. Mt et Lc l’affirment clairement. Mais ensuite, après la naissance de Jésus, a-t-elle eu d’autres enfants ? Jésus avait-il des frères ou des sœurs issus de sa propre mère ?

Ne pas en faire une question trop importante, car ce n’est pas essentiel à la foi. Le Credo ne se prononce pas. Dans la Tradition, seul Tertullien (IIème siècle) pense que les frères et sœurs dont parlent les évangiles et les lettres du N.T. sont enfants de Marie.

Le texte qu’on cite le + souvent : « N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon ? Et ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » (Mc 6,3 ; voir aussi Jn 6,42).

En grec, "frère" se dit adelphos et "cousin" se dit anepsios. Dans le N.T., il n’y a qu’une seule fois anepsios et 370 fois adelphos ! Donc, les auteurs du N.T. n’ont pas cherché à distinguer entre frère/sœur "même père, même mère" et frère/sœur "cousin". On ne pourra donc jamais trouver un texte qui affirme ou qui nie que Jésus avait des frères/sœurs "même père, même mère".

Si on lit Mc 6,3 à la lettre, alors Marie a eu beaucoup d’enfants ! Faut-il alors distinguer parmi eux, les "vrais" frères et les cousins ? On ne s’en sortira jamais ainsi. Attention : dans le récit de la passion, Marc dira que Jacques et José sont les enfants d’une autre Marie (voir 15,40).

Un texte témoigne de la probabilité que Jésus n’avait pas de "vrai" frère : l’évangile de Jean dit que Jésus confie sa mère au disciple bien-aimé pour que, lui parti, elle ait un "tuteur". Si Marie avait d’autres enfants, il n’y aurait pas eu ce problème : ils l’auraient accueillie chez lui. Malheureusement, les exégètes ne sont pas sûrs que ce texte soit historique : il est peut-être plutôt symbolique. Mais si cela n’avait pas été le cas, est-ce que l’évangéliste aurait osé rédiger ce texte ?

Au IIème siècle, on a pensé qu’il s’agissait d’enfants de Joseph, qu’il aurait eu d’un premier mariage, la mère étant ensuite décédée. Ils seraient donc demi-frères et demi-sœurs de Jésus.

Donc la réponse est dans les mains de la Tradition… Sur la base des textes de Luc présentant Marie comme se consacrant à méditer sur les paroles qui lui sont dites au sujet de la personnalité extraordinaire de son fils ainsi que sur les événements étonnants que Dieu suscite pour entourer la naissance et la croissance de l’enfant Jésus – et qui la concerne du même coup –, on peut légitimement penser que Marie et Joseph se sont sentis investis d’une mission telle qu’ils devaient s’y consacrer totalement de sorte qu’ils n’ont pas cherché à agrandir la famille.

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