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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Des récits d'apparitions du Ressuscité à la foi de l'Eglise...

Publié par Biblissimo sur 23 Avril 2012, 19:57pm

Catégories : #Evangile du dimanche

Quelques remarques pour mieux accueillir l’annonce de la résurrection dans les récits évangéliques…

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la foi de l’Église en la résurrection du Christ a commencé par le témoignage des femmes revenant du tombeau vide. Un témoignage appuyé par une apparition de leur Maître désormais vivant auprès de Dieu. Un témoignage confirmé ensuite par l’ensemble des disciples qui ont bénéficié à leur tour d’apparitions du Christ.

 

Mais pour nous, le Christ ressuscité est invisible, entré dans un monde qui échappe à nos sens, tout au moins quand il ne décide pas de s’en revêtir d’une manière qui nous échappe. 2.000 ans après, pourtant, il reste présent dans la vie de millions de nos contemporains, présent et actif. Et c’est à travers sa présence dans notre vie qu’il se manifeste principalement. C’est là qu’il a choisi de nous faire signe en priorité.

 

Même si les récits du NT concernant les apparitions du Ressuscité ne sont pas totalement fiables aux yeux de l’historien, malgré les incohérences chronologiques que nous y constatons, nous pouvons en dire quelque chose.

Tout d’abord, rappelons-nous que nous ne savons rien de la résurrection en tant que telle ; nous ne pouvons que croire que Jésus de Nazareth a été glorifié par Dieu jusque dans son corps. Nous pouvons ajouter qu’il demeure proche des hommes puisque, les récits d’apparition font apparaître qu’il parle le même langage qu’avant, qu’il reconnaît les siens et prend de la nourriture… Il n’a pas laissé beaucoup de consignes sur l’avenir mais il a montré qu’il accompagnerait les pas de ses disciples jusqu’à la fin des temps, leur assurant son Esprit, source de courage et de fécondité.

Il a surtout – et on ne s’en étonnera jamais assez ! – manifesté un pardon total et sans condition à ses amis lâches : aucun reproche ne leur est adressé, pas même de manière indirecte, aucune amertume n’affleure dans les mots, aucun retour sur leur forfait… Seul le dernier récit de l’évangile de Jean parle d’une triple requête d’amour en réponse au triple reniement de Simon, fils de Jean. Dans le présent du Christ ressuscité, il n’y a d’autre regard que celui de la Paix, il n’y a que communion, avec l’encouragement à se lancer dans la grande aventure du Royaume. Entre la fuite des amis et les retrouvailles le troisième jour, le Pardon a tout effacé, tout, immédiatement. Au moment même de la fuite, ils étaient déjà pardonnés. Les yeux du Vivant sont d’une pureté qu’aucun diamant ne peut égaler ; en eux, brille la création nouvelle.

 

Les scènes d’apparition ne donnent qu’une petite idée de la nouvelle forme de relation qui existe entre Jésus et ses disciples. Il faut donc se garder de trop leur demander. D’ailleurs, saint Paul n’en parle pas autrement que d’un phénomène de « vision » : « Il s’est donné à voir à Simon Pierre, à Jacques, aux Douze, à 500 frères ensemble, puis à moi l’avorton » (1 Co 15).

 

Ne retenons donc pas le Ressuscité dans l’imaginaire que nous transmettent les récits d’apparition. Allons à sa rencontre dans l’aujourd’hui du Royaume qu’il bâtit jour après jour avec nous, même si cet aujourd’hui nous trouve malade, chômeur, victime d’injustice, persécuté pour nos choix de chrétiens, en crise morale et spirituelle.

Les discours de Pierre et de Paul dans les Actes des Apôtres, prolongeant les récits d’apparition dans l’évangile de Luc, font largement recours aux Écritures pour valider le témoignage des femmes et des disciples : Jésus de Nazareth est bien le Christ et sa mort-résurrection a été annoncée dans les Écritures. Cherchez bien : si ces annonces avaient été aussi claires, les disciples n’auraient pas eu tant de mal à adhérer à la parole des femmes. Et pas eux seulement, mais aussi de nombreux autres juifs qui leur auraient emboité le pas. Nous le savons : aucune Écriture ne parle directement, explicitement de mort et de résurrection du messie, quel qu’il soit. Ce n’est qu’après coup que nous plaçons l’impensable dans une « logique » providentielle, et que nous « utilisons » des textes prophétiques et des psaumes pour "justifier" la foi en la résurrection du Christ. Par exemple, le fameux Ps 16 (15 dans la numérotation liturgique), placé au cœur du discours de Pierre au ch. 2 des Actes, n’annonce rien de plus que le fidèle (hassîd) de Dieu échappera à la mort, qu’il n’entrera donc pas au shéol, et par conséquent que son corps ne subira pas la corruption. Le lire comme une annonce de la résurrection du « fidèle » après sa mort est, au sens littéral, abusif. Il cependant permis aux apôtres d’affirmer que leur foi en la résurrection était une réponse lucide à l’annonce que la mort du Christ fait partie intégrante du plan divin. Dans la continuité avec la manière dont les rabbins interprétaient les grands événements, les premiers chrétiens ont trouvé dans les Écritures le langage indispensable pour formuler l’ineffable, qui tient plus d’une expérience, d’une rencontre que d’une explication, d’une logique, fût-elle basée sur les Écritures.

 

Ne nous leurrons pas : il n’y a aucune « logique » au mystère de la résurrection du Fils de Dieu. Elle relève tout entière du Mystère du dessein miséricordieux de Dieu, de sa volonté de réconcilier toute l’humanité malgré l’énorme poids du péché.

 

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