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Biblissimo

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Vous trouverez ici des documents visant à une meilleure connaissance de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments. Ils représentent le fruit de recherches personnelles. Je les mets à votre disposition en vous demandant de respecter les droits d'auteur. Bon travail!


Une visite au vestiaire des anges

Publié par Biblissimo sur 30 Septembre 2012, 10:02am

Anges3-FraAngelico.jpegC’était peu avant les fêtes de Noël, quand les nuits sont devenues longues, noires et froides. Quand l’esprit humain cherche à sortir de l’ennui et de l’engourdissement.

Car l’ennui est la pire des choses pour l’homme.

Que l’homme puisse s’ennuyer est aussi ce que Dieu comprend le moins chez sa créature. Il est vraiment déçu. Comme si le cosmos qu’il avait créé avec tant de soin était un magasin en soldes.

Ce soir-là, j’ai eu le privilège d’une courte visite en zone Duty free, cette salle d’attente d’où vous voyez les avions atterrir et décoller à tout moment et où on peut le plus approcher le Ciel. Sans toutefois y entrer. Entendez : vous pouvez revenir sur terre. Pas de jugement final ; pas de barrière qui se ferme à jamais entre vous et votre maison, votre jardin et ces dépendances sans lesquelles vous ne pourriez vivre ici-bas.

Dans cette zone régnait le silence. Et des rayonnages de vêtements sans fin. C’était un grand vestiaire et je voyais les anges descendre de l’infiniment haut pour s’y vêtir.

Car les anges sont naturellement nus, on le sait. Mais on n’ose pas trop y penser. Ce serait indécent.

Quand ils doivent traverser la zone intermédiaire entre la Cour céleste et notre monde d’hommes, il leur faut donc prendre un vêtement.

Le plus souvent, ils se vêtissent de blanc. Mais, ainsi, ils sont facilement reconnaissables. Sauf dans les salles d’hôpital et les laboratoires de la NASA. Le pire, c’est quand on les confond avec des fantômes.

Je les voyais se faufiler entre les immenses rayons de robes, agiles, déterminés, sveltes. Ils étaient beaux, magnifiques, plus nobles que des princes. Spectacle vraiment fascinant.

Je dis « ils » par commodité. Mais je ne saurais vous dire s’il faut leur attribuer un genre de sexe – de toutes les façons, ce genre de débat sur le sexe ne les concerne pas. Nous sommes des êtres humains en recherche de moitié manquante ; eux ne manquent de rien. Nous sommes des créatures en recherche de Créateur ; eux sont des créatures immergées en leur Créateur.

J’en ai vus s’interpeler en riant, se montrant toutes sortes de vêtements qui avaient le don de les amuser follement, comme les cravates qu’ils ne savaient pas s’accrocher et ces nœuds à forme de papillons, les bottines à talon de 10 cm, les chapeaux avec des plumes de faisan, les redingotes épaisses, pesantes et sombres. Des anges qui rient ! Amusements d’anges hilares… Seraient-ils capables d’une infime pointe d’ironie à l’égard de nos accessoires de mode ? Une once de péché au cœur du rire angélique ?

Tant d’inventivité pour cacher le corps… Pour un ange, cela est difficile à comprendre. Ils ont de la chance, eux, de vivre dans un monde sans regard de domination ! Ils vivent à l’intérieur du monde, car ils voient tout depuis l’intérieur de Dieu.

Je vis sortir un ange de haute taille avec un complet sombre et des chaussures laquées. Qu’il était sérieux ! D’autres déambulaient en vêtements de fête, de sport, en salopettes, en Jean délavés. Des « père-noël », après avoir collé une grande barbe blanche sous le nez, s’entraînaient à porter des sacs à dos, à descendre d’une échelle, à marcher sur les trottoirs verglacés. La bonté rayonnait de leurs faces. Le plus difficile pour ceux-là était de donner l’impression d’être vieux et légèrement infirmes ; le rire et la bonté, ils connaissent, mais pas ces rhumatismes et ces rides qui font les grands-pères et les grands-mères. Souffles de flamme et de joie. Plus enfants que ministres.

Après un passage devant le grand miroir et quelques entraînements laborieux – l’habit fait l’homme –, ils s’envolaient dans le vide comme nos champions de vol à voile se jettent d’une falaise. Vol vers la terre sans ailes.

Car d’ailes, je n’en vis pas sur eux. Sinon celles du vent.

J’aurais aimé descendre avec eux, dans un même mouvement. On aurait pris un café sur la place de l’église. Je les aurais interviewés. On serait peut-être devenu amis. On aurait trouvé un moyen de communiquer. J’aurais un ami à la cour céleste…

Je sais maintenant que le monde est plein d’anges déguisés en humains.

 

© Fr. Marie-Jérôme Ternynck

29 septembre 2012

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catherine Mazas 02/04/2013 13:46

Quelle belle plume ! Merci de cet humour léger qui nous fait un peu décoller et nous incite plus sérieusement à aiguiser notre regard

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